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L'art était, pour les artistes
d'autrefois, l'une des ailes de l'amour, la religion était l'autre. L'art et la
religion donnent à l'humanité toutes les certitudes dont elle a besoin. Le
sentiment religieux, dont Rodin tente ainsi d'explorer le mystère, les hommes du
Moyen Âge l'éprouvèrent avec intensité et bien des oeuvres de l'époque en sont
le reflet. Dans le midi, comme dans le Nord de la France, de grandes nefs
traduisent cet extraordinaire élan de foi, dont le pèlerinage à Saint Jacques de
Compostelle fut l'une des plus spectaculaires manifestations.
Ainsi Toulouse et Albi, les "deux villes roses" du Haut Languedoc, apportèrent
t'elles à l'art sacré médiéval une contribution éclatante, grâce à deux purs
joyaux : la basilique Saint- Sernin, un des chefs d'oeuvres du Languedoc roman
et la plus vaste des églises de pèlerinage ; la cathédrale Sainte cécile,
magnifique floraison du gothique méridional.
Autour de ces sanctuaires gravitent
les souvenirs d'une région affectée plus que toute autre par le phénomène
cathare et qui fut, aux temps féodaux, l'un des principaux foyers de la
civilisation occitane.
Située sur les rives de la Garonne, au
seuil du Midi, Toulouse, avec ses façades de briques roses et ses toits de
tuile, est une prestigieuse ville d'art, riche en vieux Hôtels particuliers, en
édifices religieux et en musées
Toulouse, bâtie en terre cuite et
sise à la porte des pays du Soleil : au gré des heures et des saisons, elle se
pare de rouge, de pourpre ou de mauve, mais elle est essentiellement rose avec
ses constructions de brique dont, parfois, d'élégantes sculptures de pierre
viennent rehausser la chaleureuse couleur. Stendhal la comparait à Rome et y
pressentait l'Espagne.
Carrefour principal sur la route de la Méditerranée à l'Atlantique, elle fut
la quatrième ville de l'Occident romain, chantée par Martial et Ausone. Au
temps des grandes invasions, les Wisigoths en firent la capitale de leur
Royaume, qui s'étendait jusqu'à la Loire et au delà des Pyrénées. Les
Sarrasins ne réussirent pas à la conquérir, et, sous Charlemagne, elle
devint le coeur d'un comté. Puis, avec la sage administration de ses consuls,
qu'à partir du milieu du XIIème Siècle on appela "Capitouls",
Toulouse connut la prospérité. Elle n'échappera pourtant ni à la croisade
contre les Albigeois (elle fut même trois fois assiégé par les croisés), ni
à la guerre de Cent Ans (elle fut au centre des rivalités entre Armagnacs et
Bourguignons), ni aux querelles entre Catholiques et Huguenots, ni à la
colère de Richelieu contre l'absolutisme duquel elle s'insurgea, ni à la
Révolution, qui mit un terme au "Capitoulat"
et le ramena au rang de Préfecture de Département.
Aujourd'hui, métropole régionale, grand centre universitaire et industriel -
Surtout porté vers les secteurs de pointe -, la "Ville
Rose"cède parfois à la folie du béton, de
l'acier et du verre. Mais rien ne parvient à entamer le charme de ses vieux
monuments, de ses allées ombragées de platanes, des rives de la Garonne ou des
quais du Canal du Midi.
Vouée aux arts, Toulouse le fut dès le Moyen Âge, et la plus belle
manifestation de cette tradition artistique est sans conteste la BASILIQUE
SAINT SERNIN, la plus accomplie des Eglises romanes
du midi de la France.
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