Message de Sa sainteté le Pape Jean Paul II
lors de la célébration de la Journée Mondiale de la paix
Le 1er Janvier 2001

DIALOGUE ENTRE LES CULTURES POUR UNE CIVILISATION DE L'AMOUR ET DE LA PAIX

1. Au seuil d'un nouveau millénaire, l'espérance se fait plus vive de voir les rapports entre les hommes s'inspirer toujours davantage de l'idéal d'une fraternité vraiment universelle. Si l'on ne partage pas un tel idéal, la paix ne pourra pas être assurée de manière stable. De nombreux signes laissent penser que cette conviction se fait jour avec de plus en plus de force dans la conscience de l'humanité. La valeur de la fraternité est proclamée par les grandes « chartes » des droits humains; elle est mise en relief concrètement par de grandes institutions internationales, en particulier par l'Organisation des Nations unies; enfin, elle s'impose plus que jamais en raison du processus de mondialisation qui unit de façon croissante le sort de l'économie, de la culture et de la société. La réflexion même des croyants, dans les diverses religions, a tendance à souligner que le rapport avec le Dieu unique, Père commun de tous des hommes, ne peut que favoriser la conscience d'être des frères et la façon de vivre en conséquence. Dans la révélation de Dieu en Jésus Christ, ce principe est exprimé d'une manière extrêmement radicale: « Celui qui n'aime pas n'a pas connu Dieu, car Dieu est Amour » (1 Jn 4,8).

2. Mais en même temps, on ne peut pas ne pas voir que l'éclairage dont on vient de parler est obscurci par des zones d'ombre vastes et denses. L'humanité commence avec des blessures encore ouvertes cette nouvelle étape de son histoire; dans de nombreuses régions, elle est éprouvée par des conflits âpres et sanglants; elle connaît les difficultés toujours plus grandes de la solidarité dans les relations entre personnes de cultures et de civilisations différentes mais toujours plus proches et plus interactives dans les mêmes territoires. Chacun sait combien il est difficile de concilier les positions des adversaires, quand les esprits sont enflammés et exaspérés à cause de vieilles haines et de graves problèmes pour lesquels on a du mal à trouver une solution. Mais il ne serait pas moins dangereux pour l'avenir de la paix de se montrer incapable d'affronter avec sagesse les problèmes posés par le nouvel équilibre que, dans de nombreux pays, l'humanité trouve peu à peu, et cela en raison de l'accélération des flux migratoires qui engendrent des formes inédites de cohabitation entre personnes de cultures et de civilisations différentes.

3. Il m'a donc paru urgent d'inviter ceux qui croient au Christ, et avec eux tous les hommes de bonne volonté, à se livrer à une réflexion sur le dialogue entre les différentes cultures et les différentes traditions des peuples, montrant que c'est dans le dialogue que se trouve la voie nécessaire à l'édification d'un monde réconcilié, capable de regarder avec sérénité son propre avenir. Il s'agit là d'un thème décisif dans la perspective de la paix. Je suis heureux que l'Organisation des Nations unies ait, elle aussi, perçu et proposé cette urgence, déclarant que 2001 serait l'« Année internationale du dialogue entre les civilisations ».

Loin de moi évidemment la pensée que, sur un tel problème, on puisse offrir des solutions aisées, prêtes à l'emploi. Il est déjà laborieux de se livrer à une simple lecture de la situation, qui apparaît en perpétuel mouvement, au point d'échapper à tout schéma prédéterminé. Il faut y ajouter la difficulté de conjuguer les principes et les valeurs qui, bien qu'ils soient en principe conciliables, peuvent présenter concrètement des éléments de tension qui n'en facilitent pas la synthèse. Il reste enfin, à la base, l'effort que représente l'engagement éthique de tout être humain, contraint de compter avec son égoïsme et avec ses limites.

C'est justement pour cela que je vois l'utilité d'une réflexion commune sur cette question. Dans ce but, je me limiterai ici à énoncer quelques principes visant à orienter la réflexion, dans l'écoute de ce que l'Esprit de Dieu dit aux Églises (cf. Ap 2,7) et à toute l'humanité, en ce passage décisif de son histoire.

L'homme et ses différentes cultures

4. Considérant l'histoire de l'humanité dans son ensemble, on est toujours émerveillé par les manifestations complexes et variées des cultures humaines. Ces dernières se différencient les unes des autres par l'itinéraire historique qui les distingue, et par les traits caractéristiques qui en résultent et qui, dans leur structure, les rendent uniques, originales et organisées. La culture est une expression caractéristique de l'homme et de son histoire, au niveau individuel et collectif. En effet, l'homme est sans cesse poussé par son intelligence et par sa volonté à « cultiver les biens et les valeurs de la nature »,(1) en harmonisant dans des synthèses culturelles toujours plus élevées et plus systématiques les connaissances fondamentales qui concernent tous les aspects de la vie, notamment celles qui se rapportent à son existence sociale et politique, à la sécurité et au développement économique, à l'élaboration des valeurs et des notions existentielles, surtout de nature religieuse, qui permettent à son histoire individuelle et communautaire de se dérouler selon des modalités authentiquement humaines.(2)

5. Les cultures se caractérisent toujours par certains éléments stables et durables, et par d'autres éléments dynamiques et contingents. À première vue, le regard porté sur une culture y fait découvrir surtout les aspects caractéristiques qui la différencient de la culture de celui qui l'observe, lui conférant des traits spécifiques dans lesquels se concentrent des éléments de nature très diverse. La plupart du temps, les cultures se développent sur des territoires déterminés, dont les éléments géographiques, historiques et ethniques s'entrecroisent de façon originale et unique. Cette « spécificité » de chaque culture se reflète de manière plus ou moins intense chez les personnes qui la possèdent, selon un dynamisme continuel d'influences exercées sur les individus et de contributions que ces derniers, à la mesure de leurs capacités et de leur génie, apportent à leur culture. En tout cas, être homme signifie nécessairement exister dans une culture déterminée. Chaque personne est marquée par la culture qu'elle reçoit de sa famille et des groupes humains avec lesquels elle est en relation, à travers son parcours éducatif et les influences les plus diverses de son milieu, à travers la relation fondamentale qu'elle entretient avec le territoire dans lequel elle vit. Dans tout cela, il n'y a aucun déterminisme mais une constante dialectique entre la force des conditionnements et le dynamisme de la liberté.

Formation humaine et appartenance culturelle

6. L'accueil de sa propre culture comme élément structurant de la personnalité, en particulier dans la phase initiale de la croissance, est un donné de l'expérience universelle, dont il ne faut pas sousévaluer l'importance. Sans cet enracinement dans un humus défini, la personne elle-même risquerait d'être soumise, à un âge encore tendre, à un excès de stimuli opposés, qui ne faciliteraient pas son développement serein et équilibré. C'est en fonction de ce rapport fondamental avec ses propres « origines » — au niveau familial, mais aussi territorial, social et culturel — que se développe chez les personnes le sens de la « patrie », et la culture tend à assumer, plus ou moins selon le lieu, une configuration « nationale ». En devenant homme, le Fils de Dieu lui-même a acquis non seulement une famille humaine mais aussi une « patrie ». Il est pour toujours Jésus de Nazareth, le Nazaréen (cf. Mc 10,47; Lc 18,37; Jn 1,45; 19,19). Il s'agit là d'un processus naturel, où des composantes sociologiques et psychologiques agissent entre elles, avec des effets normalement positifs et constructifs. C'est pourquoi l'amour de la patrie est une valeur à cultiver, mais sans étroitesse d'esprit, en aimant en même temps toute la famille humaine3 et en évitant les manifestations pathologiques qui apparaissent lorsque le sens de l'appartenance prend des accents d'exaltation de soi et d'exclusion de la diversité, qui se développent sous des formes nationalistes, racistes et xénophobes.

7. S'il est donc important de savoir apprécier les valeurs de sa propre culture, il convient d'autre part d'avoir conscience que chaque culture, comme produit typiquement humain et conditionné historiquement, renferme nécessairement des limites. Pour que le sens de l'appartenance culturelle ne se transforme pas en fermeture, il y a un antidote efficace: la connaissance sereine, non conditionnée par des préjugés négatifs, des autres cultures. D'ailleurs, une analyse attentive et rigoureuse fait apparaître que les cultures, en deçà de leurs manifestations les plus extérieures, ont très souvent des éléments communs significatifs. On le constate également dans la succession historique des cultures et des civilisations. Portant son regard sur le Christ, qui manifeste pleinement l'homme à lui-même,(4) et forte de l'expérience accumulée en deux mille ans d'histoire, l'Église est convaincue que « sous tous les changements, il y a bien des choses qui ne changent pas ».(5) Cette continuité est fondée sur les caractéristiques essentielles et universelles du projet de Dieu sur l'homme.

Les diversités culturelles sont donc à comprendre dans la perspective fondamentale de l'unité du genre humain, donné historique et ontologique premier à la lumière duquel il est possible de saisir le sens profond des diversités elles-mêmes. En vérité, seule la vision contextuelle aussi bien des éléments d'unité que des diversités rend possible la compréhension et l'interprétation de la pleine vérité de toute culture humaine.(6)

Diversité de cultures et respect réciproque

8. Dans le passé, les diversités entre les cultures se sont souvent révélées source d'incompréhensions entre les peuples, et aussi motif de conflits et de guerres. Mais encore aujourd'hui, malheureusement, dans diverses parties du monde, c'est avec une appréhension croissante que nous assistons à l'affirmation polémique de certaines identités culturelles contre d'autres cultures. Ce phénomène peut à la longue dégénérer en tensions et en affrontements désastreux, et il n'en rend pas moins pénible la condition de telles ou telles minorités ethniques et culturelles, amenées à vivre dans le cadre de majorités culturellement différentes qui sont portées à des attitudes et à des comportements hostiles et racistes.

Face à un tel scénario, tout homme de bonne volonté ne peut pas ne pas s'interroger sur les orientations éthiques fondamentales qui caractérisent l'expérience culturelle d'une communauté déterminée. Les cultures, comme l'homme qui en est l'auteur, sont en effet traversées par le « mystère de l'iniquité » à l'œuvre dans l'histoire humaine (cf. 2 Th 2,7) et elles ont besoin elles aussi de salut et de rédemption. L'authenticité de chaque culture humaine et la valeur de l'ethos qu'elle véhicule, à savoir la solidité de son orientation morale, peuvent d'une certaine manière être mesurées en fonction du fait que la culture est pour l'homme et pour la promotion de sa dignité, à tout niveau et dans tout contexte.

9. La radicalisation des identités culturelles qui se rendent imperméables à toute influence bénéfique extérieure est certes préoccupante. Mais l'acceptation passive des cultures, ou de certains de leurs aspects majeurs, sur des modèles du monde occidental qui, désormais affranchis du terreau chrétien, sont inspirés par une conception sécularisée et pratiquement athée de la vie et par des formes d'individualisme radical, est tout aussi périlleuse. Il s'agit d'un phénomène de vastes proportions, soutenu par de puissantes campagnes médiatiques qui tendent à véhiculer des styles de vie, des projets sociaux et économiques, et en définitive une vision d'ensemble de la réalité, qui rongent de l'intérieur divers fondements culturels et de très nobles civilisations. En raison de leur forte connotation scientifique et technique, les modèles culturels de l'Occident apparaissent fascinants et séduisants, mais malheureusement ils révèlent, avec une évidence toujours plus grande, un appauvrissement progressif dans les domaines humaniste, spirituel et moral. La culture qui les engendre est marquée par la prétention dramatique de vouloir réaliser le bien de l'homme en se passant de Dieu, le Souverain Bien. Mais, avertit le Concile Vatican II, « la créature sans son Créateur s'évanouit ».(7) Une culture qui refuse de se référer à Dieu perd son âme en même temps que son orientation, devenant une culture de mort, comme en témoignent les tragiques événements du vingtième siècle et comme le montrent les conséquences nihilistes que l'on constate actuellement dans de larges sphères du monde occidental.

Le dialogue entre les cultures

10. De manière analogue à ce qui advient à la personne, qui se réalise à travers l'ouverture accueillante à l'autre et le don généreux de soi, les cultures, élaborées par les hommes et au service des hommes, doivent aussi être modelées par les dynamismes spécifiques du dialogue et de la communion, sur la base de l'unité originelle et fondamentale de la famille humaine, sortie des mains de Dieu qui, « d'un principe unique, a fait tout le genre humain » (Ac 17,26).

En ce sens, le dialogue entre les cultures, thème du présent Message pour la Journée mondiale de la Paix, apparaît comme une exigence intrinsèque de la nature même de l'homme et de la culture. En tant qu'expressions historiques diverses et appropriées de l'unité originelle de la famille humaine, les cultures trouvent dans le dialogue la sauvegarde de leurs particularités, ainsi que de la compréhension et de la communion réciproques. Le concept de communion, qui, dans la révélation chrétienne, a sa source et son modèle sublime en Dieu un et trine (cf. Jn 17,11.21), n'est jamais une réduction à l'uniformité, ni une reconnaissance forcée, ni une assimilation; la communion est en réalité l'expression de la convergence d'une variété multiforme et elle devient donc signe de richesse et promesse de développement.

Le dialogue porte à reconnaître la richesse de la diversité et dispose les âmes à l'acceptation réciproque, dans la perspective d'une collaboration authentique, répondant à la vocation originelle à l'unité de la famille humaine tout entière. Comme tel, le dialogue est un instrument éminent pour réaliser la civilisation de l'amour et de la paix, que mon prédécesseur le Pape Paul VI a indiquée comme l'idéal qui doit inspirer la vie culturelle, sociale, politique et économique de notre temps. Au début du troisième millénaire, il est urgent de proposer à nouveau la voie du dialogue à un monde marqué par trop de conflits et de violences, parfois découragé et incapable de scruter l'horizon de l'espérance et de la paix.

Capacité et risques de la communication mondiale

11. Le dialogue entre les cultures paraît particulièrement nécessaire si l'on considère l'impact des nouvelles technologies de communication sur la vie des personnes et des peuples. Nous sommes dans l'ère de la communication mondiale, qui est en train de façonner la société selon de nouveaux modèles culturels, plus ou moins étrangers aux modèles du passé. L'information précise et actualisée est, au moins en principe, pratiquement accessible à quiconque, en n'importe quelle partie du monde.

Le libre afflux des images et des mots à l'échelle mondiale est en train de transformer non seulement les relations entre les peuples au niveau politique et économique, mais aussi la compréhension même du monde. Ce phénomène offre de multiples potentialités, autrefois impensables, mais il comprend aussi certains aspects négatifs et dangereux. Le fait qu'un petit nombre de pays détiennent le monopole des « industries » culturelles et en distribuent les produits en tout point de la terre à un public toujours plus large peut constituer un puissant facteur d'érosion des spécificités culturelles. Ce sont des produits qui contiennent et qui transmettent des systèmes implicites de valeur, et qui peuvent donc provoquer chez les destinataires des effets de désappropriation et de perte d'identité.

Le défi des migrations

12. Le style et la culture du dialogue sont particulièrement significatifs en regard de la problématique complexe des migrations, phénomène social important de notre temps. L'exode massif de populations d'une région à l'autre de la planète, qui constitue souvent une odyssée humaine dramatique pour tous ceux qui sont concernés, a pour conséquence le mélange de traditions et de coutumes différentes, avec des répercussions notables dans les pays d'origine et dans les pays de destination. L'accueil réservé aux migrants par les pays qui les reçoivent et leur propre capacité de s'intégrer dans le nouveau milieu humain sont autant d'éléments d'évaluation de la qualité du dialogue entre les différentes cultures.

En réalité, sur le thème de l'intégration culturelle, tant débattu de nos jours, il n'est pas facile d'identifier les fondements et les structures qui garantissent, de façon équilibrée et équitable, les droits et les devoirs de ceux qui accueillent comme de ceux qui sont accueillis. Historiquement, les processus migratoires se sont produits sous les modes les plus divers et avec des résultats disparates. Nombreuses sont les civilisations qui se sont développées et enrichies précisément grâce aux apports venant de l'immigration. Dans d'autres cas, les diversités culturelles des autochtones et des immigrés n'ont pas été intégrées, mais elles ont montré leur capacité de cohabiter, à travers une pratique de respect réciproque des personnes, et d'acceptation ou de tolérance des mœurs différentes. Malheureusement, il persiste aussi des situations dans lesquelles les difficultés de la rencontre entre les diverses cultures n'ont jamais été résolues, et les tensions sont devenues cause de conflits périodiques.

13. Dans un domaine aussi complexe, il n'y a pas de formules « magiques »; il est toutefois de notre devoir de mettre en évidence quelques principes éthiques de fond auxquels se référer. En premier lieu, il faut se rappeler le principe selon lequel les immigrés doivent toujours être traités avec le respect dû à la dignité de toute personne humaine. Quand il s'agit de contrôler les flux migratoires, l'évaluation que l'on doit faire du bien commun doit se plier à ce principe. Il faudra alors concilier l'accueil qui est dû à tous les êtres humains, spécialement aux indigents, avec l'évaluation des conditions indispensables à une vie digne et pacifique pour les habitants originaires du pays et pour ceux qui viennent les rejoindre. Quant aux éléments culturels dont les immigrés sont porteurs, ils seront respectés et accueillis dans la mesure où ils ne sont pas en contradiction avec les valeurs éthiques universelles, inscrites dans la loi naturelle, ni avec les droits humains fondamentaux.

Respect des cultures et « physionomie culturelle » du territoire

14. Il est plus difficile de déterminer dans quelle mesure les immigrés ont droit à la reconnaissance juridique publique de leurs expressions culturelles spécifiques, qui ne s'harmonisent pas facilement avec les mœurs de la majorité des citoyens. Dans le cadre d'une ouverture notable, la solution de ce problème est liée à l'évaluation concrète du bien commun à un moment historique précis et dans une situation territoriale et sociale donnée. Cela dépend beaucoup de la présence dans les esprits d'une culture de l'accueil qui, sans céder à l'indifférentisme concernant les valeurs, sache lier les raisons de l'identité et celles du dialogue.

D'autre part, comme je l'ai précisé plus haut, on ne peut sous-estimer l'importance de la culture caractéristique d'un territoire pour un développement équilibré de ceux qui appartiennent à ce territoire depuis leur naissance, spécialement à l'âge le plus délicat de leur croissance. De ce point de vue, on peut retenir comme orientation plausible celle qui consiste à garantir dans un territoire déterminé un certain « équilibre culturel », en rapport avec la culture qui l'a surtout marqué; un équilibre qui, tout en s'ouvrant aux minorités et en respectant leurs droits fondamentaux, permette la perennité et le développement d'une « physionomie culturelle » déterminée, c'est-à-dire du patrimoine fondamental composé de la langue, des traditions et des valeurs qui sont généralement liées à l'expérience de la nation et au sens de la « patrie ».

15. Il est cependant évident que cette exigence « d'équilibre » relative à la « physionomie culturelle » d'un territoire ne peut être satisfaite par de simples instruments législatifs, car ceux-ci seraient privés d'efficacité s'ils manquaient de fondement dans l'ethos de la population, et par-dessus tout ils seraient destinés à changer au cas où une culture perdrait de fait sa capacité d'animer un peuple ou un territoire, devenant un simple héritage conservé dans des musées ou des monuments artistiques ou littéraires.

En réalité, dans la mesure où elle est vraiment vitale, une culture n'a pas de raison de craindre d'être anéantie, tandis qu'aucune loi ne pourrait la maintenir en vie si elle était déjà morte dans les esprits. Dans la perspective du dialogue entre les cultures, on ne peut interdire à l'une de proposer à l'autre les valeurs en lesquelles elle croit, pourvu que cela se fasse dans le respect de la liberté et de la conscience des personnes. « La vérité ne s'impose que par la force de la vérité elle-même qui pénètre l'esprit avec autant de douceur que de puissance ».(8)

La conscience des valeurs communes

16. Le dialogue entre les cultures, instrument privilégié pour édifier la civilisation de l'amour, repose sur la conscience qu'il existe des valeurs communes à toutes les cultures, parce qu'elles sont enracinées dans la nature de la personne. Par ces valeurs, l'humanité exprime ses traits les plus vrais et les plus caractéristiques. Faisant abstraction des réserves idéologiques et des égoïsmes partisans, il faut cultiver dans les esprits la conscience de ces valeurs, pour nourrir l'humus culturel de nature universelle qui rend possible le développement fécond d'un dialogue constructif. Les différentes religions peuvent et doivent, elles aussi, apporter une contribution décisive en ce sens. L'expérience que j'ai vécue tant de fois lors de rencontres avec des représentants d'autres religions — je me rappelle en particulier la rencontre d'Assise en 1986 et celle de la Place Saint-Pierre en 1999 — me confirme dans la certitude que l'ouverture réciproque de ceux qui appartiennent à diverses religions peut produire de grands bénéfices pour servir la cause de la paix et du bien commun de l'humanité.

La valeur de la solidarité

17. Face aux inégalités croissantes qui existent dans le monde, la première valeur dont il faut promouvoir toujours davantage la conscience est assurément la solidarité. Toute société se régit sur la base de la relation originelle des personnes entre elles, développée en cercles de relations toujours plus larges — de la famille aux autres groupes sociaux intermédiaires —, jusqu'au cercle de la société civile tout entière et de la communauté nationale. De leur côté, les États ne peuvent pas faire autrement que d'entrer en rapport les uns avec les autres: la situation actuelle d'interdépendance planétaire aide à mieux percevoir la communauté de destin de la famille humaine tout entière, favorisant chez toutes les personnes raisonnables l'estime pour la vertu de la solidarité.

À ce propos, il faut toutefois relever que l'interdépendance croissante a contribué à mettre en lumière de multiples disparités, comme le déséquilibre entre pays riches et pays pauvres; la fracture sociale, à l'intérieur de chaque pays, entre les personnes qui vivent dans l'opulence et celles qui sont lésées dans leur dignité parce qu'elles manquent même du nécessaire; la dégradation de l'environnement et sur le plan humain, provoquée et accélérée par l'usage irresponsable des ressources naturelles. Ces inégalités et ces disparités sociales se sont accrues, dans certains cas, jusqu'à conduire les pays les plus pauvres à une dérive incontrôlable.

Au cœur d'une authentique culture de la solidarité prend donc place la promotion de la justice. Il ne s'agit pas seulement de donner le superflu à ceux qui sont dans le besoin, mais « d'apporter son aide pour faire entrer dans le cycle du développement économique et humain des peuples entiers qui en sont exclus ou marginalisés. Ce sera possible non seulement si l'on puise dans le superflu, produit en abondance par notre monde, mais surtout si l'on change les styles de vie, les modèles de production et de consommation, les structures de pouvoir établies qui régissent aujourd'hui les sociétés ».(9)

La valeur de la paix

18. La culture de la solidarité est étroitement liée à la valeur de la paix, objectif primordial de toute société, ainsi que de la communauté nationale et internationale. Toutefois, sur le chemin vers une meilleure entente entre les peuples, les défis que le monde doit affronter sont encore nombreux: ils mettent chacun devant des choix que l'on ne peut différer. Tandis qu'on s'efforce à grand peine de s'engager pour la non-prolifération des armes nucléaires, la croissance préoccupante des armements risque de nourrir et de répandre une culture de la compétition et du conflit, dans laquelle sont impliqués non seulement les États, mais aussi des entités non institutionnelles, tels des groupes paramilitaires et des organisations terroristes.

Le monde est encore aux prises avec les conséquences des guerres passées et présentes, et avec les tragédies provoquées par l'utilisation des mines anti-personnel et par le recours aux horribles armes chimiques et biologiques, fruit empoisonné des connaissances techniques et scientifiques actuelles. Et que dire du risque permanent de conflit entre pays, de guerres civiles à l'intérieur de divers États et d'une violence largement répandue, que les organisations internationales et les gouvernements des Nations se révèlent presque impuissants à combattre? Devant de telles menaces, tous doivent sentir le devoir moral de procéder sans tarder à des choix concrets, pour promouvoir la cause de la paix et de la compréhension entre les hommes.

La valeur de la vie

19. Un dialogue authentique entre les cultures, en plus du sentiment de respect réciproque, ne peut pas ne pas nourrir une vive sensibilité pour la valeur de la vie. La vie humaine ne peut être considérée comme un objet dont on disposerait arbitrairement, mais comme la réalité la plus sacrée et la plus intangible qui est présente sur la scène du monde. Il ne peut y avoir de paix lorsque disparaît la sauvegarde de ce bien fondamental. On ne peut invoquer la paix et mépriser la vie. Notre temps connaît des exemples lumineux de générosité et de dévouement au service de la vie, mais aussi le triste scénario de centaines de millions d'hommes livrés à cause de la cruauté ou de l'indifférence à un destin douloureux et brutal. Il s'agit là d'une tragique spirale de mort qui comporte des homicides, des suicides, des avortements, l'euthanasie, comme aussi les pratiques de mutilation, les tortures physiques et psychologiques, les formes de coercition injuste, l'emprisonnement arbitraire, le recours nullement nécessaire à la peine de mort, les déportations, l'esclavage, la prostitution, l'achat et la vente de femmes et d'enfants. On peut ajouter les pratiques irresponsables du génie génétique, comme le clonage et l'utilisation d'embryons humains pour la recherche, que l'on s'efforce de justifier par une référence illégitime à la liberté, au progrès de la culture, à la promotion du développement humain.

Quand les sujets les plus fragiles et sans défense de la société subissent de telles atrocités, la notion même de famille humaine, fondée sur les valeurs de la personne, de la confiance, du respect et de l'aide réciproques, en vient à être gravement ébranlée. Une civilisation fondée sur l'amour et sur la paix doit s'opposer à ces expérimentations indignes de l'homme.

La valeur de l'éducation

20. Pour édifier la civilisation de l'amour, le dialogue entre les cultures doit tendre au dépassement de tout égoïsme ethnocentrique, afin d'harmoniser l'attention à l'égard de sa propre identité avec la compréhension d'autrui et le respect de la diversité. La responsabilité de l'éducation s'avère à cet égard fondamentale. Elle doit transmettre aux individus la conscience de leurs racines et fournir des points de référence qui leur permettent de préciser leur place particulière dans le monde. En même temps, elle doit s'employer à enseigner le respect pour les autres cultures. Il faut regarder au-delà de l'expérience individuelle immédiate et accepter les différences, en découvrant la richesse de l'histoire des autres et de leurs valeurs.

La connaissance des autres cultures, acquise avec le sens critique voulu et s'appuyant sur de solides points de référence éthique, conduit à une meilleure prise de conscience des valeurs et des limites de sa propre culture, et elle révèle en même temps l'existence d'un héritage commun à tout le genre humain. C'est précisément grâce à cet horizon plus large que l'éducation a une fonction particulière dans la construction d'un monde plus solidaire et plus pacifique. Elle peut contribuer à l'affirmation d'un humanisme intégral, ouvert à la dimension éthique et religieuse, qui sait donner toute l'importance qu'il faut à la connaissance et à l'estime des cultures et des valeurs spirituelles des diverses civilisations.

Le pardon et la réconciliation

21. Au cours du grand Jubilé qui a marqué le deux millième anniversaire de la naissance de Jésus, l'Église a vécu avec une particulière intensité le rappel exigeant de la réconciliation. Ce rappel est significatif aussi dans le cadre de la thématique complexe du dialogue entre les cultures. Bien souvent en effet, le dialogue est difficile, parce que pèse sur lui l'hypothèque de tragiques héritages de guerres, de conflits, de violences et de haines, que la mémoire continue d'entretenir. Pour dépasser les barrières de l'incommunicabilité, le chemin à parcourir est celui du pardon et de la réconciliation. Au nom d'un réalisme désenchanté, beaucoup qualifient ce chemin d'utopique et de naïf. Dans la vision chrétienne, au contraire, ce chemin est le seul pour parvenir à la paix.

Le regard des croyants s'arrête pour contempler l'icône du Crucifié. Peu avant de mourir, Jésus s'exclame: « Père, pardonne-leur: ils ne savent ce qu'ils font! » (Lc 23,34). En entendant ces ultimes paroles du Rédempteur mourant, le malfaiteur crucifié à sa droite s'ouvre à la grâce de la conversion, accueille l'Évangile du pardon et obtient la promesse de la béatitude éternelle. L'exemple du Christ nous donne la certitude que l'on peut réellement abattre les innombrables murs qui bloquent la communication et le dialogue entre les hommes. Le regard vers le Crucifié fait naître en nous la confiance que le pardon et la réconciliation peuvent devenir une pratique normale de la vie quotidienne et de chaque culture, et donc une occasion concrète pour construire la paix et l'avenir de l'humanité.

Me souvenant de l'expérience jubilaire significative de la purification de la mémoire, je désire adresser aux chrétiens un appel particulier, afin qu'ils deviennent des témoins et des missionnaires de pardon et de réconciliation, hâtant ainsi, par l'invocation assidue au Dieu de la paix, la réalisation de la magnifique prophétie d'Isaïe, qui peut être étendue à tous les peuples de la terre: « Ce jour-là, un chemin ira d'Egypte en Assyrie. Les Assyriens viendront en Egypte et les Egyptiens en Assyrie. Les Egyptiens adoreront avec les Assyriens. Ce jour-là, Israël viendra le troisième, avec l'Egypte et l'Assyrie. Telle sera la bénédiction que, dans le pays, prononcera le Seigneur, le tout-puissant: "Bénis soient l'Egypte, mon peuple, l'Assyrie, œuvre de mes mains, et Israël, mon patrimoine" » (Is 19,23-25).

Un appel aux jeunes

22. Je désire conclure ce Message de paix par un appel spécial à vous, jeunes du monde entier, qui êtes l'avenir de l'humanité et les pierres vivantes pour édifier la civilisation de l'amour. Je conserve dans le cœur le souvenir des rencontres riches d'émotion et d'espérance que j'ai vécues avec vous à l'occasion des récentes Journées mondiales de la Jeunesse à Rome. Votre adhésion a été joyeuse, convaincue et prometteuse. Dans votre énergie, dans votre vitalité et dans votre amour pour le Christ, j'ai entrevu un avenir plus serein et plus humain pour le monde.

Vous sentant proches de moi, j'éprouvais au-dedans de moi un sentiment profond de gratitude envers le Seigneur, qui me faisait la grâce de contempler, à travers la mosaïque bigarrée de vos langues, de vos cultures, de vos traditions et de vos mentalités différentes, le miracle de l'universalité de l'Église, de sa catholicité, de son unité. À travers vous, j'ai admiré la merveilleuse façon de vivre la diversité dans l'unité d'une même foi, d'une même espérance, d'une même charité, en tant qu'expression extrêmement éloquente de l'impressionnante réalité de l'Église, signe et instrument du Christ pour le salut du monde et pour l'unité du genre humain.(10) L'Évangile vous appelle à reconstruire l'unité originelle de la famille humaine, dont la source est Dieu, Père, Fils et Esprit Saint.

Chers jeunes de toutes langues et de toutes cultures, une tâche élevée et exaltante vous attend: être des hommes et des femmes capables de solidarité, de paix et d'amour de la vie, dans le respect de tous. Soyez les artisans d'une nouvelle humanité, où les frères et les sœurs, membres d'une même famille, puissent vivre enfin dans la paix!

Du Vatican, le 8 décembre 2000.


(1) Conc. œcum. Vat. II, Constitution pastorale Gaudium et spes, n. 53.

(2) Cf. Jean-Paul II, Discours à l'Assemblée générale des Nations unies, 15 octobre 1995.

(3) Cf. Conc. œcum. Vat. II, Const. past. Gaudium et spes, n. 75.

(4) Cf. ibid., n. 22.

(5) Ibid., n. 10.

(6) Cf. Jean-Paul II, Discours à l'U.N.E.S.C.O., 2 juin 1980, n. 6.

(7) Const. past. Gaudium et spes, n. 36.

(8) Conc. œcum. Vat. II, Déclaration sur la liberté religieuse Dignitatis humanæ, n. 1.

(9) Jean-Paul II, Encyclique Centesimus annus, n. 58.

(10) Cf. Conc. œcum. Vat. II, Const. dogm. Lumen gentium, n. 1. 

Message of Its holiness the Pope Jean Paul II
For the celebration of the World Day of the peace
On January 1-st, 2001

DIALOGUE ENTERS THE CULTURES FOR A CIVILIZATION OF LOVE AND PEACE

1. At the beginning of a new millennium, the hope makes more lively see reports(connections) among the men(people) being inspired always more by the ideal of a really universal brotherhood. If one does not share such an ideal, the peace can not be assured(insured) in a stable way. Numerous signs let think that this conviction is daylight with more and more force in the consciousness of the humanity. The value of the brotherhood is proclaimed by the big "charters" of human rights; she(it) is accentuated concretely by big international institutions, in particular by the United Nations Organisation; finally, she(it) is imperative itself more than ever because of the process of globalization which unites in a increasing way the lot(fate) of the economy, the culture and the company(society). The reflection of the believers, in the different religions, tends to underline that the report with the unique(only) God, common Father of all men(people), can only favor the consciousness to be brothers and the way of living as a consequence. In God's revelation in Jesus Christ, this principle is expressed in a extremely radical way: " The one that does not like did not know God, because God is the Amur " ( 1 Jn 4,8 ).

2. But at the same time, one can see that the lighting about which one has just spoken is darkened by vast and dense zones of shadow. The humanity begins with still opened wounds this new stage of its history; in numerous regions, she(it) is tried(felt) by bitter and bloody conflicts; she(it) knows the always bigger difficulties of the solidarity in the relations among persons of cultures and always more close and more interactive but different civilizations in the same territories. Each knows how much it is difficult to reconcile the positions of the opponents, when the spirits are fired and irritated because of old hatreds and of grave problems for which one has difficulty in finding a solution. But it would not be less dangerous for the future of the peace to show itself incapable to face with wisdom the problems put by the new balance which, in numerous countries, the humanity finds bit by bit, and it because of the acceleration of the migratory streams which engender new forms of cohabitation among persons of cultures and different civilizations.

3. It seemed so to me urgent to invite those that believe in the Christ, and with them all the men(people) of willingness, to be engaged(surrender) in a reflection on the dialogue between the various cultures and the various traditions of the peoples, showing that it is in the dialogue that is the way necessary for the construction of a reconciled world, capable of looking with serenity at its own future. It is there about a decisive subject in the perspective of the peace. I am happy that the United Nations Organisation perceived(collected) and proposed, this urgency too, declaring that 2001 would be the " international Year of the dialogue between civilizations ".

Far from me obviously the thought that, on such a problem, one can offer easy(well-to-do) solutions, ready for the employment(use). It(he) is already laborious to be engaged(surrender) in a simple reading of the situation, which appears in perpetual movement, in the point to escape any predetermined plan. It is necessary to add it the difficulty conjugating the principles and the values which, although they are as a rule compatible, can present concretely elements of tension which do not facilitate the synthesis of it. It remains finally, on the base, the effort which represents the ethical commitment of every human being, forced to count with its egoism and with its limits.

It is exactly for it that I see the utility of a common reflection on this question. In this purpose, I shall limit here to express some principles aiming at directing the reflection, in the listening of what the Spirit of God says in Churches (cf. Ap 2,7) and in all the humanity, in this decisive passage of its history.

The man and his various cultures

4. Considering the history of the humanity in general, one is always amazed by the demonstrations complex and varied by the human cultures. These last ones differ some of the others by the historic route which distinguishes them, and by the characteristic lines(features) which result from it and which, in their structure, make them unique(only), original and organized. The culture is a characteristic expression of the man and its history, at the individual and collective level. Indeed, the man is ceaselessly pushed by his intelligence and by his will " to cultivate the possessions and the values of the nature ", (1) by harmonizing in always higher and more systematic cultural syntheses the fundamental knowledge which concern all the aspects of the life, notably those that relate to the social and political existence, to the safety(security) and to the economic development, to the elaboration of the values and the existential notions, especially the religious nature, who allow the individual and community history to take place according to authentically human modalities. (2)

5. The cultures are always characterized by certain stable and durable elements, and by the other dynamic and contingent elements. At first sight, the glance concerned a culture makes it discover especially the characteristic aspects which differentiate her(it) of the culture of the one that observes him(it), conferring him(her) specific lines(features) in which concentrate elements of very different nature. Most of the time, the cultures develop on definite territories, the geographic, historic and ethnic elements of which cross in a original and unique way. This "specificity" of every culture is reflected in a more or less intense way at the person& who possess her(it), according to a continual dynamism of influences exercised on the individuals and rates which these last ones, in the measure of their capacities and their genius, bring to their culture. At least, to be a man means inevitably existing in a definite culture. Every person is marked by the culture which she receives from her family and from human groups with which she is in relation, through her educational route(course) and the most different influences of her environment(middle), through the fundamental relation which she maintains with the territory in which she lives. In all this, there is no determinism but a constant dialectic between the force of the conditionings(packagings) and the dynamism of the freedom.

Human forming(training) and cultural membership

6. The reception of its own culture as element structuring of the personality, in particular in the initial phase of the growth, is given one of the universal experience(experiment), of which it is not necessary to sousévaluer the importance. Without this implanting in a defined humus, the person would risk to be subjected herself, at a still soft age, at an excess of stimuli set, which(who) would not facilitate the serene and well-balanced development. It is according to this fundamental report with its own "previous history" - at the domestic level, but as territorial, social and cultural - as develops at the person& the sense(direction) of the "homeland", and the culture tends to assume, more or less according to the place, a "national" configuration. By becoming a man, the Son of God himself acquired not only a human family but also a "homeland". He is for ever a Jesus de Nazareth, Nazaréen (cf. Mc 10,47; Lc 18,37; Jn 1,45; 19,19). It is there about a natural process, where sociological and psychological constituents act among them, with normally positive and constructive effects. That is why the patriotism is a value to cultivate, but without narrow-mindedness, by liking at the same time all the family humaine3 and by avoiding the pathological demonstrations which appear when the sense(direction) of the membership takes accents of ecstasy of one and exclusion from the variety, which develop under nationalist, racist and xenophobic forms.

7. If it is so important to know how to appreciate the values of its own culture, it is advisable on the other hand to be conscious that every culture, as product typically human and packaged historically, contains inevitably limits. So that the sense(direction) of the cultural membership is not transformed into lock, there is an effective antidote: the serene knowledge, not conditioned(packaged) by negative prejudices, the other cultures. Moreover, an attentive and rigorous analysis makes appear that the cultures, below their most outside demonstrations, have very often significant common elements. One also notices it in the historic succession of the cultures and the civilizations. Carrying(wearing) the glance the Christ, who shows completely the man to himself(itself), (4) and strong of the experience(experiment) accumulated in two thousand years of history, the Church is convinced that " under all the changes, there are many things which do not change ". (5) This continuance is based on the essential and universal characteristics of God's project on the man.

The cultural varieties are so to understand(include) in the fundamental perspective of the unity of the human race, given historic and ontological first in the light of which it is possible to seize the deep sense(direction) of the varieties themselves. Really, only the contextual vision as well elements of unity as varieties makes possible the understanding and the interpretation of the full truth of any human culture. (6)

Variety of cultures and mutual respect

8. In past, the varieties between the cultures often showed themselves source of incomprehensions among the peoples, and also motive for conflicts and for wars. But even today, regrettably , in different continents, it is with an increasing apprehension which we assist the polemical assertion of certain cultural identities against the other cultures. This phenomenon can in the long run degenerate into tensions and into disastrous confrontations, and it does not return it less painful the condition of some or such ethnic and cultural minorities, brought to live within the framework of culturally different majorities which are carried(worn) in attitudes and in hostile and racist behavior.

In front of such a scenario, every man of willingness can wonder about the fundamental ethical orientations which characterize the cultural experience(experiment) of a definite community. The cultures, as the man who is the author of it, are indeed crossed by the " mystery of the injustice " in the work in the human history (cf. 2 Th 2,7) and they need too safety and redemption. The authenticity of every human culture and the value of the ethos that it conveys, namely the solidity of its moral orientation, can in a certain way be measured according to the fact that the culture is for the man and for the promotion of its dignity, at any level and in any context.

9. The toughening of the cultural identities which make waterproof(impervious) to any outside beneficial influence is certainly worrisome. But the passive acceptance of the cultures, or some of their major aspects, on models of the western world which, henceforth free(frank) from some Christian compost, are inspired by a deconsecrated and practically atheistic conception of the life and by forms of radical individualism, is also precarious. It is about a phenomenon of vast proportions, supported by powerful media campaigns which tend to convey styles of life, social and economic projects, and after all vision of the whole reality, which eat away from the different inside at cultural foundations and very noble civilizations. Because of their strong scientific and technical connotation, the cultural models of the West seem fascinating and attractive, but regrettably they reveal, with an always bigger evidence, a progressive impoverishment in the humanist, spiritual and moral domains. The culture which engenders them is marked by the dramatic claim of will to realize the good of the man by doing without God, the Sovereign Indeed. But, warns the Council Vatican II, " the creature without his(her) Creator faints ". (7) A culture which refuses to refer to God loses its soul at the same time as its orientation, becoming a culture of death, as the tragic events of the twentieth century testify of it and as the nihilist consequences show him(it) which one notices at present in wide spheres of the western world.

The dialogue between the cultures

10. In a similar way in what happens to the person, what comes true through the welcoming opening in the other one and the generous gift(donation) of one, the cultures, elaborated by the men(people) and in the service of the men(people), should be also modelled by the specific dynamisms of the dialogue and the religious community, on the basis of the original and fundamental unity of the human family, taken out of the hands of God which, " of an unique(only) principle, made(did) all the human race " (Ac 17,26).

This way, the dialogue between the cultures, the subject of the present Message for the world Day of the Peace, appears as an intrinsic requirement of the nature of the man and the culture. As different and appropriate historic expressions of the original unity of the human family, the cultures find in the dialogue the protection of their peculiarities, as well as the understanding and the religious community mutual. The concept of religious community, which, in the Christian revelation, has its source and its model sublimates in God one and trine (cf. Jn 17,11.21), is never a reduction in the uniformity, either a forced gratitude(recognition), or an assimilation; the religious community is really the expression of the convergence of a variety multiforms and it becomes so sign of wealth and promise of development.

The dialogue carries(wears) to recognize the wealth of the variety and arranges souls in the mutual acceptance, in the perspective of an authentic collaboration, answering the original vocation in the unity of the quite whole human family. As such, the dialogue is an eminent instrument to realize the civilization of the love and the peace, which my predecessor the Pape Paul Paul VI indicated as the ideal which should inspire the cultural, social, political and economic life of our time. At the beginning of the third millennium, it is urgent to propose again the way of the dialogue to a world marked by too many conflicts and violence, sometimes discouraged and incapable to scrutinize the horizon of the hope and the peace.

Capacity and risks of the world communication

11. The dialogue between the cultures seems particularly necessary if one considers the impact of the new technologies of communication on the life of the persons and the peoples. We are in the era of the world communication, which is shaping the company(society) according to new cultural models, more or less foreign to the models of past. The precise and updated information is, at least as a rule, practically accessible(approachable) to whoever, in any continent.

The free influx of the images and the words at the world level is transforming not only the relations among the peoples at the political and economic level, but also the understanding of the world. This phenomenon offers multiple potentialities, formerly unthinkable, but he understands so certain negative and dangerous aspects. The fact that a small number of countries holds(detains) the monopoly of the cultural "industries" and distributes the products of it completely of the earth(ground) to an always wider public can establish(constitute) a powerful factor of erosion of the cultural specificities. It is products which contain and which pass on implicit consequentive systems, and which can so provoke at the addressee's of the effects of désappropriation and loss of identity.

The challenge of the migrations

12. The style and the culture of the dialogue are particularly significant compared to the complex problem of the migrations, important social phenomenon of our time. The massive exodus of populations from a region to other one of the planet, which often establishes(constitutes) a dramatic human odyssey for all those which(who) are concerned, has for consequence the mixture of traditions and different customs, with considerable repercussions in the countries of origin and in the countries of destination. The reception reserved for the migrants by the countries which receive them and the own capacity to become integrated into the new human environment is so many elements of evaluation of the quality of the dialogue between the various cultures.

Really, on the subject of the cultural integration, so discussed nowadays, it is not easy to identify foundations and structures which garantissent, in a well-balanced and fair way, the rights and the homework(duties) of those that welcome as of those that are welcomed. Historically, the migratory processes occurred under the most different modes and with ill-assorted results. Numerous are the civilizations which developed and grew exactly rich thanks to the contributions coming from the immigration. In the other cases, the cultural varieties of the autochthons and the immigrants were not integrated, but they showed their capacity to live, through a practice of mutual respect for the persons, and for the acceptance or for the tolerance of the different customs. Regrettably, it(he) persists also situations in which the difficulties of the meeting between the different cultures were never resolved, and the tensions became cause of periodic conflicts.

13. In a domain so complex, there are no "magic" formulae; it(he) is however of our duty to put in evidence some ethical thorough principles in which to refer. First of all, it is necessary to remember itself the principle according to which the immigrants should be always treated(handled) with the respect due to the dignity of every human person. When it is a question of controlling the migratory streams, the evaluation that one should make(do) the common good should comply with this principle. It will then be necessary to reconcile the reception which is due to all the human beings, specially to the needy, with the evaluation of the conditions indispensable to a deserving and peaceful life for the inhabitants native of the country and for those that come to join them. As for the cultural elements the immigrants of which are bearers, they will be respected and welcomed as far as they are contradictory to the universal ethical values, registered in the natural law, nor to the fundamental human rights.

Respect for the cultures And " cultural face " of the territory

14. It is more difficult to determine in which measure the immigrants have the right to the public legal gratitude(recognition) of their specific cultural expressions, which do not harmonize easily with the customs of the majority of the citizens. Within the framework of a considerable opening, the solution of this problem is bound(connected) to the concrete evaluation of the common good at the precise historic moment and in a given territorial and social situation. It depends many of the presence in the spirits of a culture of the reception which, without giving in to the indifférentisme concerning the values, knows how to bind(connect) the reasons of the identity and those of the dialogue.

On the other hand, as I clarified it higher, one can not underestimate the importance of the characteristic culture of a territory for a well-balanced development of those that belong to this territory since their birth, specially to the most delicate age of their growth. From this point of view, one can hold(retain) as plausible orientation the one that consists in guaranteeing in a determined territory certain " cultural balance ", in touch with the culture which marked him(it) especially; a balance which, while opening in minorities and by respecting their fundamental rights, allows the perennité and the development of a " cultural determined face ", that is a fundamental patrimony consisted of the language, the traditions and the values which are generally bound(connected) to the experience(experiment) of the nation and to the sense(direction) of the "homeland".

15. It is however evident that this requirement " of balance " relative to the " cultural face " of a territory can not be satisfied by simple legislative instruments, because these would be deprived of efficiency if they lacked foundation in the ethos of the population, and chiefly they would be intended to change in case a culture would lose actually its capacity to animate(stimulate) a people or a territory, becoming a simple inheritance kept(preserved) in museums or artistic or literary monuments.

Really, as far as she(it) is really vital, a culture has no reason for being afraid of being annihilated, whereas no law could maintain her(it) alive if she had already died in the spirits. In the perspective of the dialogue between the cultures, one can not forbid one to propose to the other one the values in which she believes, if it is made in the respect for the freedom and for the consciousness of the persons. " The truth is imperative itself only by the force of the truth itself which penetrates into the spirit with as much sweetness as power ". (8)

The consciousness of the common values

16. The dialogue between the cultures, instrument privileged to build the civilization of the love, rests(bases) on the consciousness that there are values common to all the cultures, because they are rooted in the nature of the person. By these values, the humanity expresses its most true and the most characteristic lines(features). Disregarding ideological reserves and partisan egoisms, it is necessary to cultivate in the spirits the consciousness of these values, to feed the cultural humus of universal nature which makes possible the fertile development of a constructive dialogue. The various religions can and have to, too, make a decisive contribution this way. The experience(experiment) which I lived so often during meetings with representatives of the other religions - I remember myself in particular the meeting of Sat(based) in 1986 and that of the Place John Dory in 1999 - confirms me in the certainty that the mutual opening of those that belong to different religions can produce big profits to serve the cause of the peace and the common good of the humanity.

The value of the solidarity

17. In front of increasing disparities which exist in the world, the first value the consciousness of which it is necessary to promote always more is certainly the solidarity. Any company(society) governs on the basis of the original relation of the persons among them, developed in circles of always wider relations - of the family in the other intermediate social groups-, up to the circle of the quite whole society(non-trading company) and the national community. From their part, States can not make(do) otherwise than(what) to enter report some with the others: the current situation of global interdependence helps better to perceive(collect) the community of fate of the quite whole human family, favoring at all the reasonable person& the respect for the virtue of the solidarity.

In that case, it is however necessary to raise(find) that the increasing interdependence contributed to put in light of multiple disparities, as the imbalance between rich countries and poor countries; the social fracture, inside every country, among the persons who live in the wealthiness and those that are hurt in their dignity because they lack even the necessities; the degradation of the environment and on the human plan, provoked and accelerated by the irresponsible custom(usage) of natural resources. These disparities and these social disparities increased, in certain cases , until lead(drive) the poorest countries to an unverifiable drift.

In the heart of authentic one culture of the solidarity takes so place the promotion of the justice. It is not only a question of giving the superfluous to those that are in the need, but " to bring its help(assistant) to admit to the cycle of the economic and human development of the whole peoples who are excluded or marginalized it. It will be possible not only if one draws from the superfluous, produces in abundance by our world, but especially if one changes the lifestyles, the models of production and consumption, the established structures of power which govern companies(societies) " today. (9)

The value of the peace

18. The culture of the solidarity is strictly bound(connected) to the value of the peace, the original objective of any company(society), as well as the national and international community. However, on the road towards a better agreement among the peoples, the challenges which the world should face are still numerous: they put each in front of choices which one can not postpone. Whereas one tries hard in big punishment(effort) to undertake for the non-proliferation of nuclear weapons, the worrisome growth of armaments risks to feed and to spread a culture of the competition and the conflict, in which are implied not only States, but also not institutional entities, such of the paramilitary groups and terrorist organizations.

The world is still battling against the consequences of the past and present wars, and against the tragedies provoked by the use of appearances(mines) anti-staff and by the appeal to the horrible chemical and biologic weapons, the fruit poisoned by the current technical and scientific knowledge. And that to say some permanent risk of conflict between country, civil wars inside different States and inside a widely spread violence, that the international organizations and the governments of Nations show themselves almost powerless to fight(dispute)? In front of such threats, all should feel(smell) the moral duty to proceed immediately to concrete choices, to promote the cause of the peace and the understanding among the men(people).

The value of the life

19. An authentic dialogue between the cultures, besides the feeling of mutual respect, can feed a deep sensibility for the value of the life. The human life can not be considered as an object which one would have arbitrarily, but as the most sacred and the most inviolable reality which is present on the scene of the world. He can not there have of peace when disappears the protection of this fundamental good. One can not call upon the peace and disdain the life. Our time knows brilliant examples of generosity and dedication in the service of the life, but also the sad scenario of hundreds of million men(people) delivered because of the cruelty or of the indifference to a painful and rough fate. It is there about a tragic spiral of death which contains manslaughters, suicides, abortions, the euthanasia, as also the practices of mutilation, the physical and psychological tortures, the forms of inequitable pressure, the arbitrary detention, the appeal by no means necessary for the capital punishment, the deportations, the slavery, the prostitution, the purchase and the sale of women and children. One can add the irresponsible practices of the genetic engineering, as the cloning and the use of human embryos for the search(research), which one tries hard to justify by an illegitimate reference to the freedom, to the progress of the culture, to the promotion of the human development.

When the most fragile and defenseless subjects of the company(society) undergo such atrocities, the notion of human family, based on the values of the person, the confidence, the respect and the help(assistant) mutual, comes there to be seriously shaken. A civilization based on the love and on the peace should oppose to these despicable experiments of the man.

The value of the education

20. To build the civilization of the love, the dialogue between the cultures should aim at the overtaking of any ethnocentrique egoism, to harmonize the attention towards its own identity with the understanding of others and the respect for the variety. The responsibility of the education turns out in this respect fundamental. She should pass on to the individuals the consciousness of their roots and supply reference points which allow them to clarify the particular place in the world. At the same time, she should be used to teach the respect for the other cultures. It is necessary to look beyond the immediate individual experience(experiment) and to accept the differences, by discovering the wealth of the history of the others and their values.

The knowledge of the other cultures, acquired with the deliberate critical sense(direction) and leaning on robust points of ethical reference, led(driven) to a better awareness of the values and the limits of her(its) own culture, and she(it) reveals at the same time the existence of an inheritance common to all the human race. It is exactly thanks to this wider horizon that the education has a particular function(office) in the construction of a more united and more peaceful world. She can contribute to the assertion of a complete humanism, opened to the ethical and religious dimension, which knows how to give all the importance which it is necessary for the knowledge and for the respect of the cultures and the spiritual values of the different civilizations.

The forgiveness and the reconciliation

21. During the big Jubilee which marked two thousandth anniversary(birthday) of the birth of Jesus, the Church the reminder requiring(demanding) from the reconciliation lived with a particular intensity. This reminder is significant also within the framework of the complex theme of the dialogue between the cultures. Very often indeed, the dialogue is difficult, because presses on him the mortgage of tragic inheritances of wars, conflicts, violence and hatreds, that the memory continues to maintain. To exceed the barriers of the incommunicability, the road to be crossed(gone through) is that of the forgiveness and the reconciliation. In the name of a disillusioned realism, many consider this road as utopian and of artless. In the Christian vision, on the contrary, this road is the only one to reach the peace.

The glance of the believers stops(arrests) to contemplate the icon of the Crucified. To die, Jesus exclaims: " Father, forgive them: they do not know what they make(do)! " (Lc 23,34). By hearing(understanding) these ultimate words of the dying Redeemer, the criminal crucified in his right-hand side opens in the grace(favour) of the conversion, welcomes the Gospel of the forgiveness and obtains the promise of the eternal bliss. The example of the Christ gives us the certainty that one can really bring(shoot) down the uncountable walls which block(surround) the communication and the dialogue among the men(people). The glance towards Crucified creates in us the confidence that the forgiveness and the reconciliation can become a normal practice of the daily life and every culture, and so a concrete occasion to build the peace and the future of the humanity.

Remembering to me of the significant jubilee experience(experiment) of the purification of the memory, I wish to send to the Christians a particular call(appeal), so that they become witnesses and missionaries of forgiveness and reconciliation, hastening so, by the diligent invocation to the God of the peace, the realization of the Isaïe's magnificent prediction, which can be spread(widened) to all the peoples of the earth(ground): " This day, a road will go from Egypt in Assyrie. The Assyrians will come in Egypt and the Egyptians in Assyrie. The Egyptians will like with the Assyrians. This day, Israel will come the third, with Egypt and Assyrie. Such will be the blessing that, in the country, will pronounce the Lord, the almighty: " Blessed are Egypt, my people, Assyrie, work of my hands, and Israel, my patrimony " " (Is 19,23-25).

A call(appeal) to the young people

22. I wish to conclude this Peace message by a special call(appeal) to you, young people of the whole world, which are the future of the humanity and the alive stones to build the civilization of the love. I keep(preserve) in the heart the recollection of the meetings rich in emotion and in hope which I lived with you on the occasion of the recent world Days on the Youth in Rome. Your membership was joyful, convinced and promising. In your energy, in your vitality and in your love for the Christ, I suspected a more serene and more human future for the world.

Feeling(smelling) you close to me, I tried(felt) inside of me a profound sentiment of gratitude to the Lord, who made me the grace(favour) contemplate, through the colorful mosaic of your languages, your cultures, your traditions and your different mentalities, the miracle of the universality of the Church, his(her) Catholics, its unity. Through you, I admired the magnificent way of living the variety in the unity of the same faith, the same hope, the same charity, as extremely eloquent expression of the impressive reality of the Church, sign and instrument of the Christ for the safety of the world and for the unity of the human race. (10) The Gospel calls you to reconstruct the original unity of the human family, the source of which is a God, Father, Son and Holy Spirit.

Dear young people of any languages and any cultures, a high and exalting task waits for you: be men(people) and women capable of solidarity, peace and love of the life, in the respect for all. Please , be the artisans of a new humanity, where the brothers and the sisters, members of the same family, can live finally in the peace!

Of Vatican, on December 8, 2000.


1) Conc. œcum. Vat. II, pastoral Constitution Gaudium and spes, n. 53.

2) Cf. Jean-Paul II, Speech by the General assembly of United Nations, in October 15, 1995.

3) Cf. Conc. œcum. Vat. II, Const. past. Gaudium and spes, n. 75.

4) Cf. Ibidem, n. 22.

5) Ibidem, n. 10.

6) Cf. Jean-Paul II, Speech in U.N.E.S.C.O ., in June 2, 1980, n. 6.

7) Const. past. Gaudium and spes, n. 36.

8) Conc. œcum. Vat. II, Statement(declaration) on the freedom of religion Dignitatis humanæ, n. 1.

9) Jean-Paul II, Encyclique Centesimus annus, n. 58.

10) Cf. Conc. œcum. Vat. II, Const. dogm. Gentium lumen, n. 1.