
| Message de Sa sainteté le Pape Jean Paul II lors de la célébration de la Journée Mondiale de la paix Le 1er Janvier 2001 |
DIALOGUE ENTRE LES CULTURES POUR UNE CIVILISATION DE L'AMOUR ET DE LA PAIX
1. Au seuil d'un nouveau
millénaire, l'espérance se fait plus vive de voir les rapports entre les
hommes s'inspirer toujours davantage de l'idéal d'une fraternité
vraiment universelle. Si l'on ne partage pas un tel idéal, la paix ne
pourra pas être assurée de manière stable. De nombreux signes laissent
penser que cette conviction se fait jour avec de plus en plus de force
dans la conscience de l'humanité. La valeur de la fraternité est
proclamée par les grandes « chartes » des droits humains; elle est mise
en relief concrètement par de grandes institutions internationales, en
particulier par l'Organisation des Nations unies; enfin, elle s'impose
plus que jamais en raison du processus de mondialisation qui unit de
façon croissante le sort de l'économie, de la culture et de la société.
La réflexion même des croyants, dans les diverses religions, a tendance
à souligner que le rapport avec le Dieu unique, Père commun de tous des
hommes, ne peut que favoriser la conscience d'être des frères et la
façon de vivre en conséquence. Dans la révélation de Dieu en Jésus
Christ, ce principe est exprimé d'une manière extrêmement radicale: «
Celui qui n'aime pas n'a pas connu Dieu, car Dieu est Amour » (1 Jn
4,8).
2. Mais en même temps, on ne peut pas ne pas voir que l'éclairage dont
on vient de parler est obscurci par des zones d'ombre vastes et denses.
L'humanité commence avec des blessures encore ouvertes cette nouvelle
étape de son histoire; dans de nombreuses régions, elle est éprouvée par
des conflits âpres et sanglants; elle connaît les difficultés toujours
plus grandes de la solidarité dans les relations entre personnes de
cultures et de civilisations différentes mais toujours plus proches et
plus interactives dans les mêmes territoires. Chacun sait combien il est
difficile de concilier les positions des adversaires, quand les esprits
sont enflammés et exaspérés à cause de vieilles haines et de graves
problèmes pour lesquels on a du mal à trouver une solution. Mais il ne
serait pas moins dangereux pour l'avenir de la paix de se montrer
incapable d'affronter avec sagesse les problèmes posés par le nouvel
équilibre que, dans de nombreux pays, l'humanité trouve peu à peu, et
cela en raison de l'accélération des flux migratoires qui engendrent des
formes inédites de cohabitation entre personnes de cultures et de
civilisations différentes.
3. Il m'a donc paru urgent d'inviter ceux qui croient au Christ, et avec
eux tous les hommes de bonne volonté, à se livrer à une réflexion sur le
dialogue entre les différentes cultures et les différentes traditions
des peuples, montrant que c'est dans le dialogue que se trouve la voie
nécessaire à l'édification d'un monde réconcilié, capable de regarder
avec sérénité son propre avenir. Il s'agit là d'un thème décisif dans la
perspective de la paix. Je suis heureux que l'Organisation des Nations
unies ait, elle aussi, perçu et proposé cette urgence, déclarant que
2001 serait l'« Année internationale du dialogue entre les civilisations
».
Loin de moi évidemment la pensée que, sur un tel problème, on puisse
offrir des solutions aisées, prêtes à l'emploi. Il est déjà laborieux de
se livrer à une simple lecture de la situation, qui apparaît en
perpétuel mouvement, au point d'échapper à tout schéma prédéterminé. Il
faut y ajouter la difficulté de conjuguer les principes et les valeurs
qui, bien qu'ils soient en principe conciliables, peuvent présenter
concrètement des éléments de tension qui n'en facilitent pas la
synthèse. Il reste enfin, à la base, l'effort que représente
l'engagement éthique de tout être humain, contraint de compter avec son
égoïsme et avec ses limites.
C'est justement pour cela que je vois l'utilité d'une réflexion commune
sur cette question. Dans ce but, je me limiterai ici à énoncer quelques
principes visant à orienter la réflexion, dans l'écoute de ce que
l'Esprit de Dieu dit aux Églises (cf. Ap 2,7) et à toute l'humanité, en
ce passage décisif de son histoire.
L'homme et ses différentes cultures
4. Considérant l'histoire de l'humanité dans son ensemble, on est
toujours émerveillé par les manifestations complexes et variées des
cultures humaines. Ces dernières se différencient les unes des autres
par l'itinéraire historique qui les distingue, et par les traits
caractéristiques qui en résultent et qui, dans leur structure, les
rendent uniques, originales et organisées. La culture est une expression
caractéristique de l'homme et de son histoire, au niveau individuel et
collectif. En effet, l'homme est sans cesse poussé par son intelligence
et par sa volonté à « cultiver les biens et les valeurs de la nature
»,(1) en harmonisant dans des synthèses culturelles toujours plus
élevées et plus systématiques les connaissances fondamentales qui
concernent tous les aspects de la vie, notamment celles qui se
rapportent à son existence sociale et politique, à la sécurité et au
développement économique, à l'élaboration des valeurs et des notions
existentielles, surtout de nature religieuse, qui permettent à son
histoire individuelle et communautaire de se dérouler selon des
modalités authentiquement humaines.(2)
5. Les cultures se caractérisent toujours par certains éléments stables
et durables, et par d'autres éléments dynamiques et contingents. À
première vue, le regard porté sur une culture y fait découvrir surtout
les aspects caractéristiques qui la différencient de la culture de celui
qui l'observe, lui conférant des traits spécifiques dans lesquels se
concentrent des éléments de nature très diverse. La plupart du temps,
les cultures se développent sur des territoires déterminés, dont les
éléments géographiques, historiques et ethniques s'entrecroisent de
façon originale et unique. Cette « spécificité » de chaque culture se
reflète de manière plus ou moins intense chez les personnes qui la
possèdent, selon un dynamisme continuel d'influences exercées sur les
individus et de contributions que ces derniers, à la mesure de leurs
capacités et de leur génie, apportent à leur culture. En tout cas, être
homme signifie nécessairement exister dans une culture déterminée.
Chaque personne est marquée par la culture qu'elle reçoit de sa famille
et des groupes humains avec lesquels elle est en relation, à travers son
parcours éducatif et les influences les plus diverses de son milieu, à
travers la relation fondamentale qu'elle entretient avec le territoire
dans lequel elle vit. Dans tout cela, il n'y a aucun déterminisme mais
une constante dialectique entre la force des conditionnements et le
dynamisme de la liberté.
Formation humaine et appartenance culturelle
6. L'accueil de sa propre culture comme élément structurant de la
personnalité, en particulier dans la phase initiale de la croissance,
est un donné de l'expérience universelle, dont il ne faut pas
sousévaluer l'importance. Sans cet enracinement dans un humus défini, la
personne elle-même risquerait d'être soumise, à un âge encore tendre, à
un excès de stimuli opposés, qui ne faciliteraient pas son développement
serein et équilibré. C'est en fonction de ce rapport fondamental avec
ses propres « origines » — au niveau familial, mais aussi territorial,
social et culturel — que se développe chez les personnes le sens de la «
patrie », et la culture tend à assumer, plus ou moins selon le lieu, une
configuration « nationale ». En devenant homme, le Fils de Dieu lui-même
a acquis non seulement une famille humaine mais aussi une « patrie ». Il
est pour toujours Jésus de Nazareth, le Nazaréen (cf. Mc 10,47; Lc
18,37; Jn 1,45; 19,19). Il s'agit là d'un processus naturel, où des
composantes sociologiques et psychologiques agissent entre elles, avec
des effets normalement positifs et constructifs. C'est pourquoi l'amour
de la patrie est une valeur à cultiver, mais sans étroitesse d'esprit,
en aimant en même temps toute la famille humaine3 et en évitant les
manifestations pathologiques qui apparaissent lorsque le sens de
l'appartenance prend des accents d'exaltation de soi et d'exclusion de
la diversité, qui se développent sous des formes nationalistes, racistes
et xénophobes.
7. S'il est donc important de savoir apprécier les valeurs de sa propre
culture, il convient d'autre part d'avoir conscience que chaque culture,
comme produit typiquement humain et conditionné historiquement, renferme
nécessairement des limites. Pour que le sens de l'appartenance
culturelle ne se transforme pas en fermeture, il y a un antidote
efficace: la connaissance sereine, non conditionnée par des préjugés
négatifs, des autres cultures. D'ailleurs, une analyse attentive et
rigoureuse fait apparaître que les cultures, en deçà de leurs
manifestations les plus extérieures, ont très souvent des éléments
communs significatifs. On le constate également dans la succession
historique des cultures et des civilisations. Portant son regard sur le
Christ, qui manifeste pleinement l'homme à lui-même,(4) et forte de
l'expérience accumulée en deux mille ans d'histoire, l'Église est
convaincue que « sous tous les changements, il y a bien des choses qui
ne changent pas ».(5) Cette continuité est fondée sur les
caractéristiques essentielles et universelles du projet de Dieu sur
l'homme.
Les diversités culturelles sont donc à comprendre dans la perspective
fondamentale de l'unité du genre humain, donné historique et ontologique
premier à la lumière duquel il est possible de saisir le sens profond
des diversités elles-mêmes. En vérité, seule la vision contextuelle
aussi bien des éléments d'unité que des diversités rend possible la
compréhension et l'interprétation de la pleine vérité de toute culture
humaine.(6)
Diversité de cultures et respect réciproque
8. Dans le passé, les diversités entre les cultures se sont souvent
révélées source d'incompréhensions entre les peuples, et aussi motif de
conflits et de guerres. Mais encore aujourd'hui, malheureusement, dans
diverses parties du monde, c'est avec une appréhension croissante que
nous assistons à l'affirmation polémique de certaines identités
culturelles contre d'autres cultures. Ce phénomène peut à la longue
dégénérer en tensions et en affrontements désastreux, et il n'en rend
pas moins pénible la condition de telles ou telles minorités ethniques
et culturelles, amenées à vivre dans le cadre de majorités
culturellement différentes qui sont portées à des attitudes et à des
comportements hostiles et racistes.
Face à un tel scénario, tout homme de bonne volonté ne peut pas ne pas
s'interroger sur les orientations éthiques fondamentales qui
caractérisent l'expérience culturelle d'une communauté déterminée. Les
cultures, comme l'homme qui en est l'auteur, sont en effet traversées
par le « mystère de l'iniquité » à l'œuvre dans l'histoire humaine (cf.
2 Th 2,7) et elles ont besoin elles aussi de salut et de rédemption.
L'authenticité de chaque culture humaine et la valeur de l'ethos qu'elle
véhicule, à savoir la solidité de son orientation morale, peuvent d'une
certaine manière être mesurées en fonction du fait que la culture est
pour l'homme et pour la promotion de sa dignité, à tout niveau et dans
tout contexte.
9. La radicalisation des identités culturelles qui se rendent
imperméables à toute influence bénéfique extérieure est certes
préoccupante. Mais l'acceptation passive des cultures, ou de certains de
leurs aspects majeurs, sur des modèles du monde occidental qui,
désormais affranchis du terreau chrétien, sont inspirés par une
conception sécularisée et pratiquement athée de la vie et par des formes
d'individualisme radical, est tout aussi périlleuse. Il s'agit d'un
phénomène de vastes proportions, soutenu par de puissantes campagnes
médiatiques qui tendent à véhiculer des styles de vie, des projets
sociaux et économiques, et en définitive une vision d'ensemble de la
réalité, qui rongent de l'intérieur divers fondements culturels et de
très nobles civilisations. En raison de leur forte connotation
scientifique et technique, les modèles culturels de l'Occident
apparaissent fascinants et séduisants, mais malheureusement ils
révèlent, avec une évidence toujours plus grande, un appauvrissement
progressif dans les domaines humaniste, spirituel et moral. La culture
qui les engendre est marquée par la prétention dramatique de vouloir
réaliser le bien de l'homme en se passant de Dieu, le Souverain Bien.
Mais, avertit le Concile Vatican II, « la créature sans son Créateur
s'évanouit ».(7) Une culture qui refuse de se référer à Dieu perd son
âme en même temps que son orientation, devenant une culture de mort,
comme en témoignent les tragiques événements du vingtième siècle et
comme le montrent les conséquences nihilistes que l'on constate
actuellement dans de larges sphères du monde occidental.
Le dialogue entre les cultures
10. De manière analogue à ce qui advient à la personne, qui se réalise à
travers l'ouverture accueillante à l'autre et le don généreux de soi,
les cultures, élaborées par les hommes et au service des hommes, doivent
aussi être modelées par les dynamismes spécifiques du dialogue et de la
communion, sur la base de l'unité originelle et fondamentale de la
famille humaine, sortie des mains de Dieu qui, « d'un principe unique, a
fait tout le genre humain » (Ac 17,26).
En ce sens, le dialogue entre les cultures, thème du présent Message
pour la Journée mondiale de la Paix, apparaît comme une exigence
intrinsèque de la nature même de l'homme et de la culture. En tant
qu'expressions historiques diverses et appropriées de l'unité originelle
de la famille humaine, les cultures trouvent dans le dialogue la
sauvegarde de leurs particularités, ainsi que de la compréhension et de
la communion réciproques. Le concept de communion, qui, dans la
révélation chrétienne, a sa source et son modèle sublime en Dieu un et
trine (cf. Jn 17,11.21), n'est jamais une réduction à l'uniformité, ni
une reconnaissance forcée, ni une assimilation; la communion est en
réalité l'expression de la convergence d'une variété multiforme et elle
devient donc signe de richesse et promesse de développement.
Le dialogue porte à reconnaître la richesse de la diversité et dispose
les âmes à l'acceptation réciproque, dans la perspective d'une
collaboration authentique, répondant à la vocation originelle à l'unité
de la famille humaine tout entière. Comme tel, le dialogue est un
instrument éminent pour réaliser la civilisation de l'amour et de la
paix, que mon prédécesseur le Pape Paul VI a indiquée comme l'idéal qui
doit inspirer la vie culturelle, sociale, politique et économique de
notre temps. Au début du troisième millénaire, il est urgent de proposer
à nouveau la voie du dialogue à un monde marqué par trop de conflits et
de violences, parfois découragé et incapable de scruter l'horizon de
l'espérance et de la paix.
Capacité et risques de la communication mondiale
11. Le dialogue entre les cultures paraît particulièrement nécessaire si
l'on considère l'impact des nouvelles technologies de communication sur
la vie des personnes et des peuples. Nous sommes dans l'ère de la
communication mondiale, qui est en train de façonner la société selon de
nouveaux modèles culturels, plus ou moins étrangers aux modèles du
passé. L'information précise et actualisée est, au moins en principe,
pratiquement accessible à quiconque, en n'importe quelle partie du
monde.
Le libre afflux des images et des mots à l'échelle mondiale est en train
de transformer non seulement les relations entre les peuples au niveau
politique et économique, mais aussi la compréhension même du monde. Ce
phénomène offre de multiples potentialités, autrefois impensables, mais
il comprend aussi certains aspects négatifs et dangereux. Le fait qu'un
petit nombre de pays détiennent le monopole des « industries »
culturelles et en distribuent les produits en tout point de la terre à
un public toujours plus large peut constituer un puissant facteur
d'érosion des spécificités culturelles. Ce sont des produits qui
contiennent et qui transmettent des systèmes implicites de valeur, et
qui peuvent donc provoquer chez les destinataires des effets de
désappropriation et de perte d'identité.
Le défi des migrations
12. Le style et la culture du dialogue sont particulièrement significatifs
en regard de la problématique complexe des migrations, phénomène social
important de notre temps. L'exode massif de populations d'une région à
l'autre de la planète, qui constitue souvent une odyssée humaine
dramatique pour tous ceux qui sont concernés, a pour conséquence le
mélange de traditions et de coutumes différentes, avec des répercussions
notables dans les pays d'origine et dans les pays de destination.
L'accueil réservé aux migrants par les pays qui les reçoivent et leur
propre capacité de s'intégrer dans le nouveau milieu humain sont autant
d'éléments d'évaluation de la qualité du dialogue entre les différentes
cultures.
En réalité, sur le thème de l'intégration culturelle, tant débattu de
nos jours, il n'est pas facile d'identifier les fondements et les
structures qui garantissent, de façon équilibrée et équitable, les
droits et les devoirs de ceux qui accueillent comme de ceux qui sont
accueillis. Historiquement, les processus migratoires se sont produits
sous les modes les plus divers et avec des résultats disparates.
Nombreuses sont les civilisations qui se sont développées et enrichies
précisément grâce aux apports venant de l'immigration. Dans d'autres
cas, les diversités culturelles des autochtones et des immigrés n'ont
pas été intégrées, mais elles ont montré leur capacité de cohabiter, à
travers une pratique de respect réciproque des personnes, et
d'acceptation ou de tolérance des mœurs différentes. Malheureusement, il
persiste aussi des situations dans lesquelles les difficultés de la
rencontre entre les diverses cultures n'ont jamais été résolues, et les
tensions sont devenues cause de conflits périodiques.
13. Dans un domaine aussi complexe, il n'y a pas de formules « magiques
»; il est toutefois de notre devoir de mettre en évidence quelques
principes éthiques de fond auxquels se référer. En premier lieu, il faut
se rappeler le principe selon lequel les immigrés doivent toujours être
traités avec le respect dû à la dignité de toute personne humaine. Quand
il s'agit de contrôler les flux migratoires, l'évaluation que l'on doit
faire du bien commun doit se plier à ce principe. Il faudra alors
concilier l'accueil qui est dû à tous les êtres humains, spécialement
aux indigents, avec l'évaluation des conditions indispensables à une vie
digne et pacifique pour les habitants originaires du pays et pour ceux
qui viennent les rejoindre. Quant aux éléments culturels dont les
immigrés sont porteurs, ils seront respectés et accueillis dans la
mesure où ils ne sont pas en contradiction avec les valeurs éthiques
universelles, inscrites dans la loi naturelle, ni avec les droits
humains fondamentaux.
Respect des cultures et « physionomie culturelle » du territoire
14. Il est plus difficile de déterminer dans quelle mesure les immigrés
ont droit à la reconnaissance juridique publique de leurs expressions
culturelles spécifiques, qui ne s'harmonisent pas facilement avec les
mœurs de la majorité des citoyens. Dans le cadre d'une ouverture
notable, la solution de ce problème est liée à l'évaluation concrète du
bien commun à un moment historique précis et dans une situation
territoriale et sociale donnée. Cela dépend beaucoup de la présence dans
les esprits d'une culture de l'accueil qui, sans céder à
l'indifférentisme concernant les valeurs, sache lier les raisons de
l'identité et celles du dialogue.
D'autre part, comme je l'ai précisé plus haut, on ne peut sous-estimer
l'importance de la culture caractéristique d'un territoire pour un
développement équilibré de ceux qui appartiennent à ce territoire depuis
leur naissance, spécialement à l'âge le plus délicat de leur croissance.
De ce point de vue, on peut retenir comme orientation plausible celle
qui consiste à garantir dans un territoire déterminé un certain «
équilibre culturel », en rapport avec la culture qui l'a surtout marqué;
un équilibre qui, tout en s'ouvrant aux minorités et en respectant leurs
droits fondamentaux, permette la perennité et le développement d'une «
physionomie culturelle » déterminée, c'est-à-dire du patrimoine
fondamental composé de la langue, des traditions et des valeurs qui sont
généralement liées à l'expérience de la nation et au sens de la « patrie
».
15. Il est cependant évident que cette exigence « d'équilibre » relative
à la « physionomie culturelle » d'un territoire ne peut être satisfaite
par de simples instruments législatifs, car ceux-ci seraient privés
d'efficacité s'ils manquaient de fondement dans l'ethos de la
population, et par-dessus tout ils seraient destinés à changer au cas où
une culture perdrait de fait sa capacité d'animer un peuple ou un
territoire, devenant un simple héritage conservé dans des musées ou des
monuments artistiques ou littéraires.
En réalité, dans la mesure où elle est vraiment vitale, une culture n'a
pas de raison de craindre d'être anéantie, tandis qu'aucune loi ne
pourrait la maintenir en vie si elle était déjà morte dans les esprits.
Dans la perspective du dialogue entre les cultures, on ne peut interdire
à l'une de proposer à l'autre les valeurs en lesquelles elle croit,
pourvu que cela se fasse dans le respect de la liberté et de la
conscience des personnes. « La vérité ne s'impose que par la force de la
vérité elle-même qui pénètre l'esprit avec autant de douceur que de
puissance ».(8)
La conscience des valeurs communes
16. Le dialogue entre les cultures, instrument privilégié pour édifier
la civilisation de l'amour, repose sur la conscience qu'il existe des
valeurs communes à toutes les cultures, parce qu'elles sont enracinées
dans la nature de la personne. Par ces valeurs, l'humanité exprime ses
traits les plus vrais et les plus caractéristiques. Faisant abstraction
des réserves idéologiques et des égoïsmes partisans, il faut cultiver
dans les esprits la conscience de ces valeurs, pour nourrir l'humus
culturel de nature universelle qui rend possible le développement fécond
d'un dialogue constructif. Les différentes religions peuvent et doivent,
elles aussi, apporter une contribution décisive en ce sens. L'expérience
que j'ai vécue tant de fois lors de rencontres avec des représentants
d'autres religions — je me rappelle en particulier la rencontre d'Assise
en 1986 et celle de la Place Saint-Pierre en 1999 — me confirme dans la
certitude que l'ouverture réciproque de ceux qui appartiennent à
diverses religions peut produire de grands bénéfices pour servir la
cause de la paix et du bien commun de l'humanité.
La valeur de la solidarité
17. Face aux inégalités croissantes qui existent dans le monde, la
première valeur dont il faut promouvoir toujours davantage la conscience
est assurément la solidarité. Toute société se régit sur la base de la
relation originelle des personnes entre elles, développée en cercles de
relations toujours plus larges — de la famille aux autres groupes
sociaux intermédiaires —, jusqu'au cercle de la société civile tout
entière et de la communauté nationale. De leur côté, les États ne
peuvent pas faire autrement que d'entrer en rapport les uns avec les
autres: la situation actuelle d'interdépendance planétaire aide à mieux
percevoir la communauté de destin de la famille humaine tout entière,
favorisant chez toutes les personnes raisonnables l'estime pour la vertu
de la solidarité.
À ce propos, il faut toutefois relever que l'interdépendance croissante
a contribué à mettre en lumière de multiples disparités, comme le
déséquilibre entre pays riches et pays pauvres; la fracture sociale, à
l'intérieur de chaque pays, entre les personnes qui vivent dans
l'opulence et celles qui sont lésées dans leur dignité parce qu'elles
manquent même du nécessaire; la dégradation de l'environnement et sur le
plan humain, provoquée et accélérée par l'usage irresponsable des
ressources naturelles. Ces inégalités et ces disparités sociales se sont
accrues, dans certains cas, jusqu'à conduire les pays les plus pauvres à
une dérive incontrôlable.
Au cœur d'une authentique culture de la solidarité prend donc place la
promotion de la justice. Il ne s'agit pas seulement de donner le
superflu à ceux qui sont dans le besoin, mais « d'apporter son aide pour
faire entrer dans le cycle du développement économique et humain des
peuples entiers qui en sont exclus ou marginalisés. Ce sera possible non
seulement si l'on puise dans le superflu, produit en abondance par notre
monde, mais surtout si l'on change les styles de vie, les modèles de
production et de consommation, les structures de pouvoir établies qui
régissent aujourd'hui les sociétés ».(9)
La valeur de la paix
18. La culture de la solidarité est étroitement liée à la valeur de la
paix, objectif primordial de toute société, ainsi que de la communauté
nationale et internationale. Toutefois, sur le chemin vers une meilleure
entente entre les peuples, les défis que le monde doit affronter sont
encore nombreux: ils mettent chacun devant des choix que l'on ne peut
différer. Tandis qu'on s'efforce à grand peine de s'engager pour la
non-prolifération des armes nucléaires, la croissance préoccupante des
armements risque de nourrir et de répandre une culture de la compétition
et du conflit, dans laquelle sont impliqués non seulement les États,
mais aussi des entités non institutionnelles, tels des groupes
paramilitaires et des organisations terroristes.
Le monde est encore aux prises avec les conséquences des guerres passées
et présentes, et avec les tragédies provoquées par l'utilisation des
mines anti-personnel et par le recours aux horribles armes chimiques et
biologiques, fruit empoisonné des connaissances techniques et
scientifiques actuelles. Et que dire du risque permanent de conflit
entre pays, de guerres civiles à l'intérieur de divers États et d'une
violence largement répandue, que les organisations internationales et
les gouvernements des Nations se révèlent presque impuissants à
combattre? Devant de telles menaces, tous doivent sentir le devoir moral
de procéder sans tarder à des choix concrets, pour promouvoir la cause
de la paix et de la compréhension entre les hommes.
La valeur de la vie
19. Un dialogue authentique entre les cultures, en plus du sentiment de
respect réciproque, ne peut pas ne pas nourrir une vive sensibilité pour
la valeur de la vie. La vie humaine ne peut être considérée comme un
objet dont on disposerait arbitrairement, mais comme la réalité la plus
sacrée et la plus intangible qui est présente sur la scène du monde. Il
ne peut y avoir de paix lorsque disparaît la sauvegarde de ce bien
fondamental. On ne peut invoquer la paix et mépriser la vie. Notre temps
connaît des exemples lumineux de générosité et de dévouement au service
de la vie, mais aussi le triste scénario de centaines de millions
d'hommes livrés à cause de la cruauté ou de l'indifférence à un destin
douloureux et brutal. Il s'agit là d'une tragique spirale de mort qui
comporte des homicides, des suicides, des avortements, l'euthanasie,
comme aussi les pratiques de mutilation, les tortures physiques et
psychologiques, les formes de coercition injuste, l'emprisonnement
arbitraire, le recours nullement nécessaire à la peine de mort, les
déportations, l'esclavage, la prostitution, l'achat et la vente de
femmes et d'enfants. On peut ajouter les pratiques irresponsables du
génie génétique, comme le clonage et l'utilisation d'embryons humains
pour la recherche, que l'on s'efforce de justifier par une référence
illégitime à la liberté, au progrès de la culture, à la promotion du
développement humain.
Quand les sujets les plus fragiles et sans défense de la société
subissent de telles atrocités, la notion même de famille humaine, fondée
sur les valeurs de la personne, de la confiance, du respect et de l'aide
réciproques, en vient à être gravement ébranlée. Une civilisation fondée
sur l'amour et sur la paix doit s'opposer à ces expérimentations
indignes de l'homme.
La valeur de l'éducation
20. Pour édifier la civilisation de l'amour, le dialogue entre les
cultures doit tendre au dépassement de tout égoïsme ethnocentrique, afin
d'harmoniser l'attention à l'égard de sa propre identité avec la
compréhension d'autrui et le respect de la diversité. La responsabilité
de l'éducation s'avère à cet égard fondamentale. Elle doit transmettre
aux individus la conscience de leurs racines et fournir des points de
référence qui leur permettent de préciser leur place particulière dans
le monde. En même temps, elle doit s'employer à enseigner le respect
pour les autres cultures. Il faut regarder au-delà de l'expérience
individuelle immédiate et accepter les différences, en découvrant la
richesse de l'histoire des autres et de leurs valeurs.
La connaissance des autres cultures, acquise avec le sens critique voulu
et s'appuyant sur de solides points de référence éthique, conduit à une
meilleure prise de conscience des valeurs et des limites de sa propre
culture, et elle révèle en même temps l'existence d'un héritage commun à
tout le genre humain. C'est précisément grâce à cet horizon plus large
que l'éducation a une fonction particulière dans la construction d'un
monde plus solidaire et plus pacifique. Elle peut contribuer à
l'affirmation d'un humanisme intégral, ouvert à la dimension éthique et
religieuse, qui sait donner toute l'importance qu'il faut à la
connaissance et à l'estime des cultures et des valeurs spirituelles des
diverses civilisations.
Le pardon et la réconciliation
21. Au cours du grand Jubilé qui a marqué le deux millième anniversaire
de la naissance de Jésus, l'Église a vécu avec une particulière
intensité le rappel exigeant de la réconciliation. Ce rappel est
significatif aussi dans le cadre de la thématique complexe du dialogue
entre les cultures. Bien souvent en effet, le dialogue est difficile,
parce que pèse sur lui l'hypothèque de tragiques héritages de guerres,
de conflits, de violences et de haines, que la mémoire continue
d'entretenir. Pour dépasser les barrières de l'incommunicabilité, le
chemin à parcourir est celui du pardon et de la réconciliation. Au nom
d'un réalisme désenchanté, beaucoup qualifient ce chemin d'utopique et
de naïf. Dans la vision chrétienne, au contraire, ce chemin est le seul
pour parvenir à la paix.
Le regard des croyants s'arrête pour contempler l'icône du Crucifié. Peu
avant de mourir, Jésus s'exclame: « Père, pardonne-leur: ils ne savent
ce qu'ils font! » (Lc 23,34). En entendant ces ultimes paroles du
Rédempteur mourant, le malfaiteur crucifié à sa droite s'ouvre à la
grâce de la conversion, accueille l'Évangile du pardon et obtient la
promesse de la béatitude éternelle. L'exemple du Christ nous donne la
certitude que l'on peut réellement abattre les innombrables murs qui
bloquent la communication et le dialogue entre les hommes. Le regard
vers le Crucifié fait naître en nous la confiance que le pardon et la
réconciliation peuvent devenir une pratique normale de la vie
quotidienne et de chaque culture, et donc une occasion concrète pour
construire la paix et l'avenir de l'humanité.
Me souvenant de l'expérience jubilaire significative de la purification
de la mémoire, je désire adresser aux chrétiens un appel particulier,
afin qu'ils deviennent des témoins et des missionnaires de pardon et de
réconciliation, hâtant ainsi, par l'invocation assidue au Dieu de la
paix, la réalisation de la magnifique prophétie d'Isaïe, qui peut être
étendue à tous les peuples de la terre: « Ce jour-là, un chemin ira
d'Egypte en Assyrie. Les Assyriens viendront en Egypte et les Egyptiens
en Assyrie. Les Egyptiens adoreront avec les Assyriens. Ce jour-là,
Israël viendra le troisième, avec l'Egypte et l'Assyrie. Telle sera la
bénédiction que, dans le pays, prononcera le Seigneur, le tout-puissant:
"Bénis soient l'Egypte, mon peuple, l'Assyrie, œuvre de mes mains, et
Israël, mon patrimoine" » (Is 19,23-25).
Un appel aux jeunes
22. Je désire conclure ce Message de paix par un appel spécial à vous,
jeunes du monde entier, qui êtes l'avenir de l'humanité et les pierres
vivantes pour édifier la civilisation de l'amour. Je conserve dans le
cœur le souvenir des rencontres riches d'émotion et d'espérance que j'ai
vécues avec vous à l'occasion des récentes Journées mondiales de la
Jeunesse à Rome. Votre adhésion a été joyeuse, convaincue et
prometteuse. Dans votre énergie, dans votre vitalité et dans votre amour
pour le Christ, j'ai entrevu un avenir plus serein et plus humain pour
le monde.
Vous sentant proches de moi, j'éprouvais au-dedans de moi un sentiment
profond de gratitude envers le Seigneur, qui me faisait la grâce de
contempler, à travers la mosaïque bigarrée de vos langues, de vos
cultures, de vos traditions et de vos mentalités différentes, le miracle
de l'universalité de l'Église, de sa catholicité, de son unité. À
travers vous, j'ai admiré la merveilleuse façon de vivre la diversité
dans l'unité d'une même foi, d'une même espérance, d'une même charité,
en tant qu'expression extrêmement éloquente de l'impressionnante réalité
de l'Église, signe et instrument du Christ pour le salut du monde et
pour l'unité du genre humain.(10) L'Évangile vous appelle à reconstruire
l'unité originelle de la famille humaine, dont la source est Dieu, Père,
Fils et Esprit Saint.
Chers jeunes de toutes langues et de toutes cultures, une tâche élevée
et exaltante vous attend: être des hommes et des femmes capables de
solidarité, de paix et d'amour de la vie, dans le respect de tous. Soyez
les artisans d'une nouvelle humanité, où les frères et les sœurs,
membres d'une même famille, puissent vivre enfin dans la paix!
Du Vatican, le 8 décembre 2000.
(1) Conc. œcum. Vat. II, Constitution pastorale Gaudium et spes, n. 53.
(2) Cf. Jean-Paul II, Discours à l'Assemblée générale des Nations unies,
15 octobre 1995.
(3) Cf. Conc. œcum. Vat. II, Const. past. Gaudium et spes, n. 75.
(4) Cf. ibid., n. 22.
(5) Ibid., n. 10.
(6) Cf. Jean-Paul II, Discours à l'U.N.E.S.C.O., 2 juin 1980, n. 6.
(7) Const. past. Gaudium et spes, n. 36.
(8) Conc. œcum. Vat. II, Déclaration sur la liberté religieuse
Dignitatis humanæ, n. 1.
(9) Jean-Paul II, Encyclique Centesimus annus, n. 58.
(10) Cf. Conc. œcum. Vat. II, Const. dogm. Lumen gentium, n. 1.

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| Message of Its holiness the Pope Jean Paul II For the celebration of the World Day of the peace On January 1-st, 2001 |
DIALOGUE ENTERS THE CULTURES FOR A CIVILIZATION OF LOVE AND PEACE
1. At the beginning of a new
millennium, the hope makes more lively see reports(connections) among the men(people)
being inspired always more by the ideal of a really universal brotherhood. If
one does not share such an ideal, the peace can not be assured(insured) in a
stable way. Numerous signs let think that this conviction is daylight with more
and more force in the consciousness of the humanity. The value of the
brotherhood is proclaimed by the big "charters" of human rights; she(it) is
accentuated concretely by big international institutions, in particular by the
United Nations Organisation; finally, she(it) is imperative itself more than
ever because of the process of globalization which unites in a increasing way
the lot(fate) of the economy, the culture and the company(society). The
reflection of the believers, in the different religions, tends to underline that
the report with the unique(only) God, common Father of all men(people), can only
favor the consciousness to be brothers and the way of living as a consequence.
In God's revelation in Jesus Christ, this principle is expressed in a extremely
radical way: " The one that does not like did not know God, because God is the
Amur " ( 1 Jn 4,8 ).
2. But at the same time, one can see that the lighting about which one has just
spoken is darkened by vast and dense zones of shadow. The humanity begins with
still opened wounds this new stage of its history; in numerous regions, she(it)
is tried(felt) by bitter and bloody conflicts; she(it) knows the always bigger
difficulties of the solidarity in the relations among persons of cultures and
always more close and more interactive but different civilizations in the same
territories. Each knows how much it is difficult to reconcile the positions of
the opponents, when the spirits are fired and irritated because of old hatreds
and of grave problems for which one has difficulty in finding a solution. But it
would not be less dangerous for the future of the peace to show itself incapable
to face with wisdom the problems put by the new balance which, in numerous
countries, the humanity finds bit by bit, and it because of the acceleration of
the migratory streams which engender new forms of cohabitation among persons of
cultures and different civilizations.
3. It seemed so to me urgent to invite those that believe in the Christ, and
with them all the men(people) of willingness, to be engaged(surrender) in a
reflection on the dialogue between the various cultures and the various
traditions of the peoples, showing that it is in the dialogue that is the way
necessary for the construction of a reconciled world, capable of looking with
serenity at its own future. It is there about a decisive subject in the
perspective of the peace. I am happy that the United Nations Organisation
perceived(collected) and proposed, this urgency too, declaring that 2001 would
be the " international Year of the dialogue between civilizations ".
Far from me obviously the thought that, on such a problem, one can offer easy(well-to-do)
solutions, ready for the employment(use). It(he) is already laborious to be
engaged(surrender) in a simple reading of the situation, which appears in
perpetual movement, in the point to escape any predetermined plan. It is
necessary to add it the difficulty conjugating the principles and the values
which, although they are as a rule compatible, can present concretely elements
of tension which do not facilitate the synthesis of it. It remains finally, on
the base, the effort which represents the ethical commitment of every human
being, forced to count with its egoism and with its limits.
It is exactly for it that I see the utility of a common reflection on this
question. In this purpose, I shall limit here to express some principles aiming
at directing the reflection, in the listening of what the Spirit of God says in
Churches (cf. Ap 2,7) and in all the humanity, in this decisive passage of its
history.
The man and his various cultures
4. Considering the history of the humanity in general, one is always amazed by
the demonstrations complex and varied by the human cultures. These last ones
differ some of the others by the historic route which distinguishes them, and by
the characteristic lines(features) which result from it and which, in their
structure, make them unique(only), original and organized. The culture is a
characteristic expression of the man and its history, at the individual and
collective level. Indeed, the man is ceaselessly pushed by his intelligence and
by his will " to cultivate the possessions and the values of the nature ", (1)
by harmonizing in always higher and more systematic cultural syntheses the
fundamental knowledge which concern all the aspects of the life, notably those
that relate to the social and political existence, to the safety(security) and
to the economic development, to the elaboration of the values and the
existential notions, especially the religious nature, who allow the individual
and community history to take place according to authentically human modalities.
(2)
5. The cultures are always characterized by certain stable and durable elements,
and by the other dynamic and contingent elements. At first sight, the glance
concerned a culture makes it discover especially the characteristic aspects
which differentiate her(it) of the culture of the one that observes him(it),
conferring him(her) specific lines(features) in which concentrate elements of
very different nature. Most of the time, the cultures develop on definite
territories, the geographic, historic and ethnic elements of which cross in a
original and unique way. This "specificity" of every culture is reflected in a
more or less intense way at the person& who possess her(it), according to a
continual dynamism of influences exercised on the individuals and rates which
these last ones, in the measure of their capacities and their genius, bring to
their culture. At least, to be a man means inevitably existing in a definite
culture. Every person is marked by the culture which she receives from her
family and from human groups with which she is in relation, through her
educational route(course) and the most different influences of her environment(middle),
through the fundamental relation which she maintains with the territory in which
she lives. In all this, there is no determinism but a constant dialectic between
the force of the conditionings(packagings) and the dynamism of the freedom.
Human forming(training) and cultural membership
6. The reception of its own culture as element structuring of the personality, in
particular in the initial phase of the growth, is given one of the universal
experience(experiment), of which it is not necessary to sousévaluer the
importance. Without this implanting in a defined humus, the person would risk to
be subjected herself, at a still soft age, at an excess of stimuli set, which(who)
would not facilitate the serene and well-balanced development. It is according
to this fundamental report with its own "previous history" - at the domestic
level, but as territorial, social and cultural - as develops at the person& the
sense(direction) of the "homeland", and the culture tends to assume, more or
less according to the place, a "national" configuration. By becoming a man, the
Son of God himself acquired not only a human family but also a "homeland". He is
for ever a Jesus de Nazareth, Nazaréen (cf. Mc 10,47; Lc 18,37; Jn 1,45; 19,19).
It is there about a natural process, where sociological and psychological
constituents act among them, with normally positive and constructive effects.
That is why the patriotism is a value to cultivate, but without
narrow-mindedness, by liking at the same time all the family humaine3 and by
avoiding the pathological demonstrations which appear when the sense(direction)
of the membership takes accents of ecstasy of one and exclusion from the variety,
which develop under nationalist, racist and xenophobic forms.
7. If it is so important to know how to appreciate the values of its own
culture, it is advisable on the other hand to be conscious that every culture,
as product typically human and packaged historically, contains inevitably limits.
So that the sense(direction) of the cultural membership is not transformed into
lock, there is an effective antidote: the serene knowledge, not conditioned(packaged)
by negative prejudices, the other cultures. Moreover, an attentive and rigorous
analysis makes appear that the cultures, below their most outside demonstrations,
have very often significant common elements. One also notices it in the historic
succession of the cultures and the civilizations. Carrying(wearing) the glance
the Christ, who shows completely the man to himself(itself), (4) and strong of
the experience(experiment) accumulated in two thousand years of history, the
Church is convinced that " under all the changes, there are many things which do
not change ". (5) This continuance is based on the essential and universal
characteristics of God's project on the man.
The cultural varieties are so to understand(include) in the fundamental
perspective of the unity of the human race, given historic and ontological first
in the light of which it is possible to seize the deep sense(direction) of the
varieties themselves. Really, only the contextual vision as well elements of
unity as varieties makes possible the understanding and the interpretation of
the full truth of any human culture. (6)
Variety of cultures and mutual respect
8. In past, the varieties between the cultures often showed themselves source of
incomprehensions among the peoples, and also motive for conflicts and for wars.
But even today, regrettably , in different continents, it is with an increasing
apprehension which we assist the polemical assertion of certain cultural
identities against the other cultures. This phenomenon can in the long run
degenerate into tensions and into disastrous confrontations, and it does not
return it less painful the condition of some or such ethnic and cultural
minorities, brought to live within the framework of culturally different
majorities which are carried(worn) in attitudes and in hostile and racist
behavior.
In front of such a scenario, every man of willingness can wonder about the
fundamental ethical orientations which characterize the cultural experience(experiment)
of a definite community. The cultures, as the man who is the author of it, are
indeed crossed by the " mystery of the injustice " in the work in the human
history (cf. 2 Th 2,7) and they need too safety and redemption. The authenticity
of every human culture and the value of the ethos that it conveys, namely the
solidity of its moral orientation, can in a certain way be measured according to
the fact that the culture is for the man and for the promotion of its dignity,
at any level and in any context.
9. The toughening of the cultural identities which make waterproof(impervious)
to any outside beneficial influence is certainly worrisome. But the passive
acceptance of the cultures, or some of their major aspects, on models of the
western world which, henceforth free(frank) from some Christian compost, are
inspired by a deconsecrated and practically atheistic conception of the life and
by forms of radical individualism, is also precarious. It is about a phenomenon
of vast proportions, supported by powerful media campaigns which tend to convey
styles of life, social and economic projects, and after all vision of the whole
reality, which eat away from the different inside at cultural foundations and
very noble civilizations. Because of their strong scientific and technical
connotation, the cultural models of the West seem fascinating and attractive,
but regrettably they reveal, with an always bigger evidence, a progressive
impoverishment in the humanist, spiritual and moral domains. The culture which
engenders them is marked by the dramatic claim of will to realize the good of
the man by doing without God, the Sovereign Indeed. But, warns the Council
Vatican II, " the creature without his(her) Creator faints ". (7) A culture
which refuses to refer to God loses its soul at the same time as its
orientation, becoming a culture of death, as the tragic events of the twentieth
century testify of it and as the nihilist consequences show him(it) which one
notices at present in wide spheres of the western world.
The dialogue between the cultures
10. In a similar way in what happens to the person, what comes true through the
welcoming opening in the other one and the generous gift(donation) of one, the
cultures, elaborated by the men(people) and in the service of the men(people),
should be also modelled by the specific dynamisms of the dialogue and the
religious community, on the basis of the original and fundamental unity of the
human family, taken out of the hands of God which, " of an unique(only)
principle, made(did) all the human race " (Ac 17,26).
This way, the dialogue between the cultures, the subject of the present Message
for the world Day of the Peace, appears as an intrinsic requirement of the
nature of the man and the culture. As different and appropriate historic
expressions of the original unity of the human family, the cultures find in the
dialogue the protection of their peculiarities, as well as the understanding and
the religious community mutual. The concept of religious community, which, in
the Christian revelation, has its source and its model sublimates in God one and
trine (cf. Jn 17,11.21), is never a reduction in the uniformity, either a forced
gratitude(recognition), or an assimilation; the religious community is really
the expression of the convergence of a variety multiforms and it becomes so sign
of wealth and promise of development.
The dialogue carries(wears) to recognize the wealth of the variety and arranges
souls in the mutual acceptance, in the perspective of an authentic
collaboration, answering the original vocation in the unity of the quite whole
human family. As such, the dialogue is an eminent instrument to realize the
civilization of the love and the peace, which my predecessor the Pape Paul Paul
VI indicated as the ideal which should inspire the cultural, social, political
and economic life of our time. At the beginning of the third millennium, it is
urgent to propose again the way of the dialogue to a world marked by too many
conflicts and violence, sometimes discouraged and incapable to scrutinize the
horizon of the hope and the peace.
Capacity and risks of the world communication
11. The dialogue between the cultures seems particularly necessary if one
considers the impact of the new technologies of communication on the life of the
persons and the peoples. We are in the era of the world communication, which is
shaping the company(society) according to new cultural models, more or less
foreign to the models of past. The precise and updated information is, at least
as a rule, practically accessible(approachable) to whoever, in any continent.
The free influx of the images and the words at the world level is transforming
not only the relations among the peoples at the political and economic level,
but also the understanding of the world. This phenomenon offers multiple
potentialities, formerly unthinkable, but he understands so certain negative and
dangerous aspects. The fact that a small number of countries holds(detains) the
monopoly of the cultural "industries" and distributes the products of it
completely of the earth(ground) to an always wider public can establish(constitute)
a powerful factor of erosion of the cultural specificities. It is products which
contain and which pass on implicit consequentive systems, and which can so
provoke at the addressee's of the effects of désappropriation and loss of
identity.
The challenge of the migrations
12. The style and the culture of the dialogue are particularly significant
compared to the complex problem of the migrations, important social phenomenon
of our time. The massive exodus of populations from a region to other one of the
planet, which often establishes(constitutes) a dramatic human odyssey for all
those which(who) are concerned, has for consequence the mixture of traditions
and different customs, with considerable repercussions in the countries of
origin and in the countries of destination. The reception reserved for the
migrants by the countries which receive them and the own capacity to become
integrated into the new human environment is so many elements of evaluation of
the quality of the dialogue between the various cultures.
Really, on the subject of the cultural integration, so discussed nowadays, it is
not easy to identify foundations and structures which garantissent, in a
well-balanced and fair way, the rights and the homework(duties) of those that
welcome as of those that are welcomed. Historically, the migratory processes
occurred under the most different modes and with ill-assorted results. Numerous
are the civilizations which developed and grew exactly rich thanks to the
contributions coming from the immigration. In the other cases, the cultural
varieties of the autochthons and the immigrants were not integrated, but they
showed their capacity to live, through a practice of mutual respect for the
persons, and for the acceptance or for the tolerance of the different customs.
Regrettably, it(he) persists also situations in which the difficulties of the
meeting between the different cultures were never resolved, and the tensions
became cause of periodic conflicts.
13. In a domain so complex, there are no "magic" formulae; it(he) is however of
our duty to put in evidence some ethical thorough principles in which to refer.
First of all, it is necessary to remember itself the principle according to
which the immigrants should be always treated(handled) with the respect due to
the dignity of every human person. When it is a question of controlling the
migratory streams, the evaluation that one should make(do) the common good
should comply with this principle. It will then be necessary to reconcile the
reception which is due to all the human beings, specially to the needy, with the
evaluation of the conditions indispensable to a deserving and peaceful life for
the inhabitants native of the country and for those that come to join them. As
for the cultural elements the immigrants of which are bearers, they will be
respected and welcomed as far as they are contradictory to the universal ethical
values, registered in the natural law, nor to the fundamental human rights.
Respect for the cultures
And " cultural face " of the territory
14. It is more difficult to determine in which measure the immigrants have the
right to the public legal gratitude(recognition) of their specific cultural
expressions, which do not harmonize easily with the customs of the majority of
the citizens. Within the framework of a considerable opening, the solution of
this problem is bound(connected) to the concrete evaluation of the common good
at the precise historic moment and in a given territorial and social situation.
It depends many of the presence in the spirits of a culture of the reception
which, without giving in to the indifférentisme concerning the values, knows how
to bind(connect) the reasons of the identity and those of the dialogue.
On the other hand, as I clarified it higher, one can not underestimate the
importance of the characteristic culture of a territory for a well-balanced
development of those that belong to this territory since their birth, specially
to the most delicate age of their growth. From this point of view, one can hold(retain)
as plausible orientation the one that consists in guaranteeing in a determined
territory certain " cultural balance ", in touch with the culture which marked
him(it) especially; a balance which, while opening in minorities and by
respecting their fundamental rights, allows the perennité and the development of
a " cultural determined face ", that is a fundamental patrimony consisted of the
language, the traditions and the values which are generally bound(connected) to
the experience(experiment) of the nation and to the sense(direction) of the
"homeland".
15. It is however evident that this requirement " of balance " relative to the "
cultural face " of a territory can not be satisfied by simple legislative
instruments, because these would be deprived of efficiency if they lacked
foundation in the ethos of the population, and chiefly they would be intended to
change in case a culture would lose actually its capacity to animate(stimulate)
a people or a territory, becoming a simple inheritance kept(preserved) in
museums or artistic or literary monuments.
Really, as far as she(it) is really vital, a culture has no reason for being
afraid of being annihilated, whereas no law could maintain her(it) alive if she
had already died in the spirits. In the perspective of the dialogue between the
cultures, one can not forbid one to propose to the other one the values in which
she believes, if it is made in the respect for the freedom and for the
consciousness of the persons. " The truth is imperative itself only by the force
of the truth itself which penetrates into the spirit with as much sweetness as
power ". (8)
The consciousness of the common values
16. The dialogue between the cultures, instrument privileged to build the
civilization of the love, rests(bases) on the consciousness that there are
values common to all the cultures, because they are rooted in the nature of the
person. By these values, the humanity expresses its most true and the most
characteristic lines(features). Disregarding ideological reserves and partisan
egoisms, it is necessary to cultivate in the spirits the consciousness of these
values, to feed the cultural humus of universal nature which makes possible the
fertile development of a constructive dialogue. The various religions can and
have to, too, make a decisive contribution this way. The experience(experiment)
which I lived so often during meetings with representatives of the other
religions - I remember myself in particular the meeting of Sat(based) in 1986
and that of the Place John Dory in 1999 - confirms me in the certainty that the
mutual opening of those that belong to different religions can produce big
profits to serve the cause of the peace and the common good of the humanity.
The value of the solidarity
17. In front of increasing disparities which exist in the world, the first value
the consciousness of which it is necessary to promote always more is certainly
the solidarity. Any company(society) governs on the basis of the original
relation of the persons among them, developed in circles of always wider
relations - of the family in the other intermediate social groups-, up to the
circle of the quite whole society(non-trading company) and the national
community. From their part, States can not make(do) otherwise than(what) to
enter report some with the others: the current situation of global
interdependence helps better to perceive(collect) the community of fate of the
quite whole human family, favoring at all the reasonable person& the respect for
the virtue of the solidarity.
In that case, it is however necessary to raise(find) that the increasing
interdependence contributed to put in light of multiple disparities, as the
imbalance between rich countries and poor countries; the social fracture, inside
every country, among the persons who live in the wealthiness and those that are
hurt in their dignity because they lack even the necessities; the degradation of
the environment and on the human plan, provoked and accelerated by the
irresponsible custom(usage) of natural resources. These disparities and these
social disparities increased, in certain cases , until lead(drive) the poorest
countries to an unverifiable drift.
In the heart of authentic one culture of the solidarity takes so place the
promotion of the justice. It is not only a question of giving the superfluous to
those that are in the need, but " to bring its help(assistant) to admit to the
cycle of the economic and human development of the whole peoples who are
excluded or marginalized it. It will be possible not only if one draws from the
superfluous, produces in abundance by our world, but especially if one changes
the lifestyles, the models of production and consumption, the established
structures of power which govern companies(societies) " today. (9)
The value of the peace
18. The culture of the solidarity is strictly bound(connected) to the value of
the peace, the original objective of any company(society), as well as the
national and international community. However, on the road towards a better
agreement among the peoples, the challenges which the world should face are
still numerous: they put each in front of choices which one can not postpone.
Whereas one tries hard in big punishment(effort) to undertake for the
non-proliferation of nuclear weapons, the worrisome growth of armaments risks to
feed and to spread a culture of the competition and the conflict, in which are
implied not only States, but also not institutional entities, such of the
paramilitary groups and terrorist organizations.
The world is still battling against the consequences of the past and present
wars, and against the tragedies provoked by the use of appearances(mines)
anti-staff and by the appeal to the horrible chemical and biologic weapons, the
fruit poisoned by the current technical and scientific knowledge. And that to
say some permanent risk of conflict between country, civil wars inside different
States and inside a widely spread violence, that the international organizations
and the governments of Nations show themselves almost powerless to fight(dispute)?
In front of such threats, all should feel(smell) the moral duty to proceed
immediately to concrete choices, to promote the cause of the peace and the
understanding among the men(people).
The value of the life
19. An authentic dialogue between the cultures, besides the feeling of mutual
respect, can feed a deep sensibility for the value of the life. The human life
can not be considered as an object which one would have arbitrarily, but as the
most sacred and the most inviolable reality which is present on the scene of the
world. He can not there have of peace when disappears the protection of this
fundamental good. One can not call upon the peace and disdain the life. Our time
knows brilliant examples of generosity and dedication in the service of the
life, but also the sad scenario of hundreds of million men(people) delivered
because of the cruelty or of the indifference to a painful and rough fate. It is
there about a tragic spiral of death which contains manslaughters, suicides,
abortions, the euthanasia, as also the practices of mutilation, the physical and
psychological tortures, the forms of inequitable pressure, the arbitrary
detention, the appeal by no means necessary for the capital punishment, the
deportations, the slavery, the prostitution, the purchase and the sale of women
and children. One can add the irresponsible practices of the genetic
engineering, as the cloning and the use of human embryos for the search(research),
which one tries hard to justify by an illegitimate reference to the freedom, to
the progress of the culture, to the promotion of the human development.
When the most fragile and defenseless subjects of the company(society) undergo
such atrocities, the notion of human family, based on the values of the person,
the confidence, the respect and the help(assistant) mutual, comes there to be
seriously shaken. A civilization based on the love and on the peace should
oppose to these despicable experiments of the man.
The value of the education
20. To build the civilization of the love, the dialogue between the cultures
should aim at the overtaking of any ethnocentrique egoism, to harmonize the
attention towards its own identity with the understanding of others and the
respect for the variety. The responsibility of the education turns out in this
respect fundamental. She should pass on to the individuals the consciousness of
their roots and supply reference points which allow them to clarify the
particular place in the world. At the same time, she should be used to teach the
respect for the other cultures. It is necessary to look beyond the immediate
individual experience(experiment) and to accept the differences, by discovering
the wealth of the history of the others and their values.
The knowledge of the other cultures, acquired with the deliberate critical sense(direction)
and leaning on robust points of ethical reference, led(driven) to a better
awareness of the values and the limits of her(its) own culture, and she(it)
reveals at the same time the existence of an inheritance common to all the human
race. It is exactly thanks to this wider horizon that the education has a
particular function(office) in the construction of a more united and more
peaceful world. She can contribute to the assertion of a complete humanism,
opened to the ethical and religious dimension, which knows how to give all the
importance which it is necessary for the knowledge and for the respect of the
cultures and the spiritual values of the different civilizations.
The forgiveness and the reconciliation
21. During the big Jubilee which marked two thousandth anniversary(birthday) of
the birth of Jesus, the Church the reminder requiring(demanding) from the
reconciliation lived with a particular intensity. This reminder is significant
also within the framework of the complex theme of the dialogue between the
cultures. Very often indeed, the dialogue is difficult, because presses on him
the mortgage of tragic inheritances of wars, conflicts, violence and hatreds,
that the memory continues to maintain. To exceed the barriers of the
incommunicability, the road to be crossed(gone through) is that of the
forgiveness and the reconciliation. In the name of a disillusioned realism, many
consider this road as utopian and of artless. In the Christian vision, on the
contrary, this road is the only one to reach the peace.
The glance of the believers stops(arrests) to contemplate the icon of the
Crucified. To die, Jesus exclaims: " Father, forgive them: they do not know what
they make(do)! " (Lc 23,34). By hearing(understanding) these ultimate words of
the dying Redeemer, the criminal crucified in his right-hand side opens in the
grace(favour) of the conversion, welcomes the Gospel of the forgiveness and
obtains the promise of the eternal bliss. The example of the Christ gives us the
certainty that one can really bring(shoot) down the uncountable walls which
block(surround) the communication and the dialogue among the men(people). The
glance towards Crucified creates in us the confidence that the forgiveness and
the reconciliation can become a normal practice of the daily life and every
culture, and so a concrete occasion to build the peace and the future of the
humanity.
Remembering to me of the significant jubilee experience(experiment) of the
purification of the memory, I wish to send to the Christians a particular call(appeal),
so that they become witnesses and missionaries of forgiveness and reconciliation,
hastening so, by the diligent invocation to the God of the peace, the
realization of the Isaïe's magnificent prediction, which can be spread(widened)
to all the peoples of the earth(ground): " This day, a road will go from Egypt
in Assyrie. The Assyrians will come in Egypt and the Egyptians in Assyrie. The
Egyptians will like with the Assyrians. This day, Israel will come the third,
with Egypt and Assyrie. Such will be the blessing that, in the country, will
pronounce the Lord, the almighty: " Blessed are Egypt, my people, Assyrie, work
of my hands, and Israel, my patrimony " " (Is 19,23-25).
A call(appeal) to the young people
22. I wish to conclude this Peace message by a special call(appeal) to you,
young people of the whole world, which are the future of the humanity and the
alive stones to build the civilization of the love. I keep(preserve) in the
heart the recollection of the meetings rich in emotion and in hope which I lived
with you on the occasion of the recent world Days on the Youth in Rome. Your
membership was joyful, convinced and promising. In your energy, in your vitality
and in your love for the Christ, I suspected a more serene and more human future
for the world.
Feeling(smelling) you close to me, I tried(felt) inside of me a profound
sentiment of gratitude to the Lord, who made me the grace(favour) contemplate,
through the colorful mosaic of your languages, your cultures, your traditions
and your different mentalities, the miracle of the universality of the Church,
his(her) Catholics, its unity. Through you, I admired the magnificent way of
living the variety in the unity of the same faith, the same hope, the same
charity, as extremely eloquent expression of the impressive reality of the
Church, sign and instrument of the Christ for the safety of the world and for
the unity of the human race. (10) The Gospel calls you to reconstruct the
original unity of the human family, the source of which is a God, Father, Son
and Holy Spirit.
Dear young people of any languages and any cultures, a high and exalting task
waits for you: be men(people) and women capable of solidarity, peace and love of
the life, in the respect for all. Please , be the artisans of a new humanity,
where the brothers and the sisters, members of the same family, can live finally
in the peace!
Of Vatican, on December 8, 2000.
1) Conc. œcum. Vat. II, pastoral Constitution Gaudium and spes, n. 53.
2) Cf. Jean-Paul II, Speech by the General assembly of United Nations, in
October 15, 1995.
3) Cf. Conc. œcum. Vat. II, Const. past. Gaudium and spes, n. 75.
4) Cf. Ibidem, n. 22.
5) Ibidem, n. 10.
6) Cf. Jean-Paul II, Speech in U.N.E.S.C.O ., in June 2, 1980, n. 6.
7) Const. past. Gaudium and spes, n. 36.
8) Conc. œcum. Vat. II, Statement(declaration) on the freedom of religion
Dignitatis humanæ, n. 1.
9) Jean-Paul II, Encyclique Centesimus annus, n. 58.
10) Cf. Conc. œcum. Vat. II, Const. dogm. Gentium lumen, n. 1.
