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Si les témoignages de 1909 semblent constituer une réplique de "la profusion de dirigeables" qu'avait connue la Californie, l'apparition suivante semblait être une vision de l'age supersonique futur. En février 1913, des citoyens du Canada et des Etats Unis observèrent de nuit un bataillon de lumières mouvantes décrivant un arc de cercle au dessus de l'Etat canadien du Saskatchewan et des Etats américains du Minnesota du Michigan, de New York et de la nouvelle Angleterre ; le mouvement se faisait toujours en direction de l'océan Atlantique. Un bruit comparable à un lointain roulement de tonnerre accompagnait les lumières qui paraissaient voler en formation ordonnée. D'après les scientifiques, il s'agirait d'un groupe de météores traversant l'atmosphère terrestre. Cependant, pour les défenseurs des OVNI, c'étaient bel et bien des vaisseaux interstellaires. Les météores, firent ils observer, ne volent pas en formation régulière. La question reste posée.

A la même époque, une autre apparition se produisit devant une foule considérable, sans doute la plus grande de l'histoire des OVNI, en admettant que ce soit bien un OVNI. Le 13 Octobre 1917, un après midi pluvieux, 50.000 personnes rassemblées à Fatima, au Portugal, restèrent muettes de surprise devant le spectacle qui se déroulait dans le ciel. Les nuages s'écartaient pour livrer passage à un énorme disque argenté tournant comme une roue de Moulin à vent et dansant dans le ciel. L'objet dégageait de la chaleur, et des témoins affirmèrent que leurs vêtements trempés par la pluie avaient séché en quelques minutes. Après avoir plongé vers la Terre, le disque remonta au ciel et disparut dans le Soleil. L'évènement accomplissait la prophétie de trois jeunes paysannes affirmant avoir parlé à la Vierge Marie, qui les aurait prévenues de son apparition justement le 13 Octobre, "pour que tout le monde puisse "croire". L'Eglise en fit un miracle, mais les partisans des OVNI remarquèrent des similitudes frappantes avec d'autres témoignages concernant d'éventuels objets volants.

Pendant le quart de siècle qui suivit l'apparition de Fatima, les témoignages devinrent sporadiques. A partir de 1940, l'Europe, l'Asie et l'Amérique du Nord furent entraînées  dans in conflit meurtrier et en même temps à l'origine de progrès technologiques considérables. Le radar, les avions à réaction, les missiles supersoniques et la puissance apocalyptique de la bombe atomique ont vu le jour pendant la Seconde Guerre Mondiale. Leur mise au point se fit dans le secret si bien que chaque fois que quelque objet étrange apparaissait dans le ciel, la première réaction des témoins était d'y voir une nouvelle arme de l'arsenal ennemi.

C'est l'explication que donnèrent les commandants américains aux pilotes de l'armée de l'air qui observèrent une série de phénomènes étranges à l'Automne 1944. Les premiers se déroulèrent au dessus du Rhin : des boules lumineuses venues on ne savait d'où, disaient-ils, poursuivaient leurs avions. Les disques incandescents, certains de couleur rouge, d'autres orange ou blancs semblaient jouer avec les avions, plongeant dans l'espace, zébrant le ciel de mouvements insensés, s'allumant et s'éteignant parfois comme les ampoules d'un sapin de Noël. Un appareil pouvait être suivi par au moins 10 de ces lumières que les aviateurs surnommèrent "foo fighters" (les "chasseurs foo", l'expression américaine étant empruntée à une bande dessinée populaire à l'époque - dont l'auteur avait tiré le mot du Français Feu). Les Allemands, acculés à la défaite rassemblaient leurs dernières forces ; ces bizarres "chasseurs foo" qu'on appelait aussi "kraut balls", semblaient à la mesure des progrès de la technologie Allemande. Cependant, l'idée que ces boules de feu pussent être  des armes secrètes fut bientôt abandonnée quand on constata qu'aucune n'avait attaqué un seul avion. Après la guerre, on apprit que les pilotes allemands les avaient aperçus également et avaient pensé qu'il s'agissait d'une arme secrète des Alliés.

Les équipages des bombardiers du Pacifique et les pilotes ayant servi pendant la guerre de Corée ou la guerre du Vietnam ont aussi observé de tels phénomènes. Des spécialistes des OVNI crurent alors à des extras terrestres venus espionner les opérations militaires des Terriens. Les sceptiques, quant à eux, avancèrent des explications plus pragmatiques. Le mystère, toutefois, reste entier.

En 1946, la guerre mondiale avait pris fin, cédant la place à la guerre froide. Une vague de phénomènes mystérieux observés au dessus de la mer Baltique et de la Scandinavie contribua à alourdir les rapports entre les Etats Unis et l'Union Soviétique. Tout commença à la fin mai dans le Nord de la Suède, quand des témoins virent d'étranges formes à l'allure de fusées tanguer au dessus de leurs têtes. Ces témoignages parvenaient de régions éloignées et n'éveillèrent aucune attention jusqu'à ce que, un ans plus tard, le 9 Juin, les habitants d'Helsinki restent ahuris devant un objet qui traversait le pale ciel nocturne, en laissant une traînée de fumée et un reflet fantomatique dans son sillage.

Les observations se multipliaient dans toute l'Europe du Nord et les journaux parlaient de "fusée fantôme", de "spectre de bombe". La forme et le comportement des objets variants selon les témoignages. La plupart les décrivaient comme des missiles ; d'autres parlaient de sphères grises ou de boules de feu ou d'un genre de roue dentée jetant des étincelles. Certains témoins les virent comme des cigares, d'autres comme des ballons ; pour l'un d'eux, ces objets avaient la forme de "mouettes sans tête". Ils volaient en ligne droite, selon certains ; non, prétendaient d'autres, ils montaient, descendaient voire tournaient  sur eux mêmes et repartaient en sens inverse. Certains sillonnaient le ciel comme des météores ; d'autres bougeaient à peine.

On dénombra finalement plus de 1.000 apparitions en l'espace se sept mois et ce uniquement en Suède. D'autres témoignages parvenaient du Portugal, d'Afrique du Nord, de Grèce, d'Italie ou d'Inde. En Europe du Nord, les soupçons se portèrent immédiatement sur les Russes qui, un an auparavant, s'étaient emparés de la base Allemande de Peenemünde sur la mer Baltique. C'est de là qu'avaient été lancés les missiles V2 qui avaient semé la terreur sur Londres et d'autres villes alliées. Ils"agissait d'un projectile supersonique, en fait le premier missile balistique.

Etait il possible que les Russes eussent créé une arme similaire qu'ils expérimentaient au dessus de la Baltique ? Le Kremlin démentit l'information. Les forces militaires suédoises étaient sur le qui-vive et les Etats Unis dépêchèrent le général de l'armée de l'air en retraite Jimmy Doolittle, pour les assister dans leurs investigations. Il apparut finalement, selon le ministère suédois de la Défense, que 80 % des apparitions pouvaient s'expliquer soit par la présence d'avions conventionnels soit par celle d'objets naturels. Mais 200 cas au moins "ne pouvaient pas êtres attribuées à des phénomènes naturels ou à l'imagination".

Ce n'était pas la dernière fois que les efforts des enquêteurs pour sonder le mystère des OVNI débouchaient sur une désespérante impossibilité de conclure, selon l'expression d'un rapport américain rédigé vingt ans plus tard. En outre, à la lumière des progrès scientifiques résultant de la Seconde Guerre Mondiale, les extras terrestres ne semblaient plus appartenir à la science Fiction.