D'insaisissables visiteurs :

Dans une étude sur les OVNI réalisée pour le gouvernement américain en 1969, Samuel Rosenberg examine, par exemple, trois cas douteux. Le premier texte est une chronique de l'Inde ancienne censée faire partie du Livre de Dyzan. On y retrouve un récit remarquable que l'on prendrait facilement pour une tentative manquée de colonisation de la Terre par des extra terrestres. L'histoire raconte que de mystérieux étrangers à bord d'un engin métallique firent plusieurs fois le tour de la Terre avant de se poser en vue de fonder une colonie. Les dissensions au sein du groupe tournèrent en guerre civile t l'un des partis envoya une "grande lance brillante qui se déplaçait sur un rayon de lumière" et qui explosa en une grosse boule de feu sur la ville ennemie. L'histoire fut citée dans un grand nombre de livres favorables à la théorie des OVNI ; c'était un merveilleux argument en faveur de l'existence des extras terrestres. Malheureusement, en remontant à sa source, Rosenberg constata qu'elle était entièrement fausse et avait été imaginée par l'occultiste du siècle dernier Helena Petrovna Blavatsky, qui l'inclut dans son oeuvre monumentale, la doctrine secrète, publiée en 1886.

Le deuxième cas examiné par Rosenberg est un récit qui aurait été traduit d'un papyrus issu du fonds égyptien du Vatican. Recueillie par un certain professeur Tulli, puis traduite par un prince de Rachelwitz, l'histoire raconte qu'une flottille d'objets volants non identifiés se serait abattue sur l'Egypte, il y a 3500 ans, sous le règne du Pharaon Touthmôsis III. Toutes les tentatives de Rosenberg pour avoir accès à ce papyrus, en 1968, furent infructueuses. Le Vatican n'en avait aucune trace. Tulli était mort et ses papiers bien dispersés. Bien plus, le Vatican fit savoir que ni Tulli ni Rachelwitz n'étaient spécialistes en la matière. D'après l'égyptologue en titre du Vatican, Tulli aurait été trompé par un faux papyrus. La lecture attentive du document montre qu'il remonte à une date récente et qu'il est inspiré du récit biblique d'Ezéchiel

            Cet expert américain aboutit aux mêmes conclusions pour le cas de l'abbaye de Byland dans le Yorkshire, en Angleterre. L'histoire qui est reprise dans une demi douzaine au moins de livres sur les OVNI décrit l'apparition extraordinaire, en l'année 1290, d'un OVNI qui s'immobilisa au dessus de l'abbaye à l'heure du dîner des moines. La prétendue chronique médiévale note que "au moment où l'abbé Henri s'apprêtait à dire le bénédicité, Jean, l'un des frères, entra et dit qu'un grand prodige se produisait au dehors. Tous sortirent, et, o stupeur ! Une grande chose ronde en argent, tel un disque, volait lentement au dessus d'eux et provoqua une grande terreur". Une nouvelle fois, l'incident, rapporté dans un langage fleuri, ne résiste pas à l'examen. Les patients efforts de Rosenberg ont mis au jour l'origine beaucoup plus récente de l'histoire : elle fut concoctée par deux étudiants espiègles qui au début des années cinquante la jetèrent en pâture aux lecteurs du Times de Londres.

Rosenberg n'écarte pas les possibilités de visites d'extraterrestres aux temps anciens, mais le cas Dyzan, Tulli et Byland ont valeur d'avertissement. "Toute mention d'évènement ressemblant à une apparition d'OVNI et transmise au cours des siècles est suspecte tant qu'elle n'a pas été vérifiée."

Au demeurant, les témoignages "sur" d'apparitions d'étranges objets célestes continuent d'affluer à l'époque industrielle et scientifique. Au XIX ème Siècle, la presse en rend compte avec force détails. Ainsi, la revue anglaise The Journal of Nature History and Philosophy and Chemistry publia, en 1809, les observations d'un gentleman de Hatton Garden à Londres. Le témoin s'étonna de voir de nombreux "météores" tourbillonner autour d'un nuage noir au cours d'un orage. "C'étaient comme des taches de lumière étincelante dansant et glissant à travers les nuages. L'une d'elles grandit jusqu'à avoir la taille et l'éclat de Vénus par une nuit claire. Mais je ne voyais aucun corps dans la lumière. Les taches se déplaçaient très rapidement". Souvent, les astronomes virent dans leurs télescopes des formes mystérieuses qui passaient devant la lune ou le Soleil. En mer, les apparitions étaient également fréquentes. En mai 1879, dans le golfe persique, un passager à bord d'un bateau vit avec stupéfaction deux roues lumineuses géantes tournoyer lentement en  direction de l'océan. Un phénomène semblable se produisit au même endroit une année plus tard. En Juin 1881, deux fils du prince de Galles, l'un d'eux étant le futur roi Georges V, s'éloignaient de la cote australienne à bord d'un vapeur quand ils aperçurent, ainsi que d'autres témoins, quelque chose rassemblant à un navire en vol, tout illuminé. Pour certains, ce ne pouvait être que le fameux Vaisseau fantôme. D'autres affirmèrent qu'il s'agissait d'un OVNI.

            Les observations sans doute les plus remarquables ont été faites aux Etats Unis, à la Fin du XIX ème Siècle. Entre Novembre 1896 et Avril 1897, le pays fut le siège d'une série extraordinaire d'apparitions qui commencèrent en Californie et se répandirent vers l'est. Régulièrement depuis lors, les observations d'OVNI se font par vagues, débutant par quelques apparitions isolées, puis se faisant de plus en plus nombreuses et enfin décroissant peu à peu après avoir atteint un maximum. Tout commença par un après midi d'orage le 17 Novembre 1896, à Sacramento, une ville de Californie située à 80 KM au Nord Est de San Francisco. Charles Lusk, conducteur de tramway, regardait la grande agitation du ciel quand, à son immense surprise, il aperçut une lumière vive évoluer à environ 300 m d'altitude. Une forme à peine visible semblait la suivre à courte distance. D'autres témoins virent également, depuis le bâtiment du capitole tout proche, "l'apparition errante", selon les termes d'un journaliste, et montèrent à la rotonde pour mieux voir. Un autre habitant prétendit avoir vu non seulement l'objet - qu'il décrivit comme ayant la forme d'un cigare dans un châssis en gondole avec une roue de chaque coté, comme en avaient les vieux bateaux à aubes - mais aussi deux hommes à son bord, affairés autour d'un objet ressemblant fort à un cadre de bicyclette. On entendit même  l'un d'eux dire à son compère : "Nous serons à San Fransisco vers midi et demi". Le soir du même jour, une apparition analogue glissait majestueusement dans le ciel de San Fransisco, balayant la ville d'un rayon de lumière, délogeant des rochers les phoques effrayés qui se précipitaient dans les eaux protectrices du Golden Gate.

Pendant la quinzaine qui suivit, la mystérieuse machine volante fit la une des journaux de la cote ouest. La question était maintenant de savoir où elle allait réapparaître. Le 24 Novembre des témoins l'aperçurent au dessus de San José ainsi qu'à Tacoma dans l'Etat de Washington, à 1200 Km plus au nord. Le jour suivant, on put la voir au dessus d'Oakland et de Los Angeles, à 650 Km au Sud. La presse était plutôt sceptique. L'Examiner de San Fransisco jetait le discrédit sur ces apparitions "probablement dues à l'alcool", tandis que le Chronicle , son rival, d'humeur caustique, insinuait qu'il s'agissait là du fantôme de Diogène le Cynique, le légendaire philosophe grec, qui parcourait inlassablement le monde, une lanterne à la main, à la recherche d'un honnête homme.

 La plupart des gens, cependant, croyaient à la réalité de l'énigmatique véhicule et pensaient que c'était un engin volant mis au point par un inventeur anonyme. A cette époque, la supposition n'était pas dénuée de fondement. Les Etats Unis vivaient, en effet, les premiers développements d'une révolution technologique. Tout semblait possible. La lumière électrique, le téléphone, le phonographe et d'autres inventions récentes révolutionnaient la vie des Américains. Un genre de ballon dirigeable, muni d'une armature rigide en acier et propulsé par un moteur avait volé au dessus de Paris dès 1852. L'inventeur américain Solomon Andrews prit l'air dans un engin similaire à New York en 1865 et, quatre ans plus tard, à San Fransisco, l'Anglais Fred Marriot pilotait un ballon en forme de cigare doté de deux ailes et d'hélices propulsées par une machine à vapeur. Dans les années 1890, Américains et Européens se livraient à grand renfort de publicité à exhibitions de vols en planeurs pilotés et le Bureau américain des brevets était inondé de plans de machines volantes aussi bien de type dirigeable que du plus "lourd que l'air".

           L'avenir radieux de la technologie était illustré par un nouveau genre littéraire, la science-fiction, dont la maître Jules Verne, eut une énorme audience en Amérique. Un des romans de Jules Verne, Robur le conquérant, mettait en scène un aéronef parti faire le tour de la Terre. L'imagination du public était alors remplie de machines "antigravitationnelles" t de la possibilité que la planète Mars fut habitée par une civilisation technologiquement plus avancée que la notre, théorie cautionnée par le plus grand astronome américain de l'époque Percival Lowell lui même. Bref, en 1896, l'Américain un peu rêveur pouvait parfaitement accepter l'idée d'engins volants mais aussi de vaisseaux spatiaux traversant le vide interplanétaire.

Dans ce climat d'effervescence imaginative, la théorie selon laquelle l'objet volant apparu à Sacramento en cet hiver de 1896 était un aéronef ne semblait pas farfelue. Devant l'accumulation des observations, un avocat, qui, dès lors, fut surnommé Collins le Dirigeable, annonça qu'il était le représentant d'un riche inventeur anonyme et qui aurait assemblé l'engin dans les collines au nord de Sacramento. Un autre mandataire se fit bientôt connaître , prétendant être lui seul habilité à représenter l'inventeur inconnu qui avait même, au demeurant, construit deux machines - l'une en Californie, l'autre dans le New Jersey. La guerre Hispano américaine étant imminente, l'avocat rival affirma que son client avait l'intention d'utiliser cette merveilleuse machine volante pour bombarder la Havane.

      

Après avoir fait les gros titres des journaux pendant un mois, l'histoire de l'objet volant sombra dans l'oubli sur la cote ouest des Etats Unis. La vague était pourtant encore loin se s'arrêter. En février, l'engin apparut à nouveau, cette fois au coeur du Pays du Nebraska. D'après les témoins, le vaisseau "de forme conique, avait de 9 à 12 m de long", était muni d'un phare puissant et de six petits feux de position, d'ailes et d'un grand gouvernail en éventail. Les sceptiques s'étaient moqués des premiers témoignages - des hallucinations de piliers de bar, disaient t'ils. Mais un journal d'Omaha prit l'affaire au sérieux  et fit remarquer que les témoignages suivants provenaient de citoyens tout à fait digne de foi.

Pendant les deux mois qui suivirent, le vaisseau fantôme fit son apparition au dessus d'autres villes des Etats Unis. Dans la quantité innombrable de témoignages, on relevait même plusieurs cas de rencontre avec les occupants du vaisseau. A Chattanooga (Tennessee), un Habitant raconta qu'il avait trouvé un dirigeable sur un éperon montagneux , en dehors de la ville ; un certain professeur Charles Davidson et son équipage effectuaient des réparations sur leur engin et lui dirent avoir pris l'air à Sacramento en direction de l'est, un mois auparavant. Un citoyen de l'Arkansas prétendit également avoir rencontré l'équipage composé d'une femme, de deux jeunes hommes et d'un inventeur - capitaine, patriarche aux yeux de braise et aux favoris lui tombant jusqu'au ventre. Le vieil homme disait t'il, avait découvert le secret de l'apesanteur et se proposait de présenter sa machine au public, à son retour de la planète Mars.

Dans le Missouri également, un homme jura avoir rencontré "une petite créature à deux jambes" qui l'hypnotisa pour le retenir prisonnier à bord de sa machine pendant trois semaines.

Un journal de Saint Louis amusa ses lecteurs avec l'histoire de W. H Hopkins qui serait tombé nez à nez avec un engin de métal brillant et son équipage olympien composé d'un homme barbu " de nobles proportions et de port majestueux" ainsi que d'une belle femme nue (" dans le plus simple appareil", selon la pudique expression du journaliste) avec une chevelure blonde ruisselante  jusqu'à la taille.

Les témoignages continuaient d'affluer. En Avril, un vendeur de journaux de la banlieue de Chicago prit ce qui aurait pu être la première photographie d'un OVNI. Le document servit de base à un dessin à l'encre publié dans un journal. Hélas, la photo elle même, que des journaux concurrents examinèrent et déclarèrent truquée, disparut à jamais. Dans le sillage du mystérieux engin, on commença à ramasser des lettres prétendument abandonnées par l'équipage. L'une d'elles fut découverte attachée à un roseau dans l'Illinois et adressé à nul autre que l'inventeur Thomas A. Edison. Le "sorcier de Menlo Park" rejeta le message rédigé en code et signé " C.L. Harris, électricien de l'aéronef N°3", comme "une pure mystification" sans  daigner le déchiffrer. Il se hasarda même à déclarer que, en dépit de leur possible réalisation ; les aéronefs ne seraient jamais autre chose que des jouets. Une autre lettre fut découverte attachée à un pieu de fer dans une ferme du Wisconsin, avec l'en tête  suivante : " A bord du dirigeable Pegasus". On apprenait dans la missive que " les brevets d'un aéronef identique seront déposés en même temps à Washington et dans les capitales européennes. Il est propulsé à la vapeur, éclairé à l'électricité et peut emporter une charge de 450 Kg".

Vers la fin avril, les apparitions se firent plus rares. Ainsi prenait fin un des épisodes les plus cocasses de l'histoire américaine, mais la population n'en savait toujours pas plus sur la matérialité du phénomène.

Malgré les progrès de la technologie, les Américains du tournant du siècle demeuraient gens simples à maints égards. La société restait profondément rurale, proche de ses ancêtres pionniers à l'humour caustique et familier. Les histoires les plus folles et narrées  le plus sérieusement du monde circulaient autour des comptoirs des drugstores et s'immisçaient même dans les colonnes des journaux des villes, grandes ou petites. Dès 1844, par exemple, Edgar Allan Poe, le célèbre écrivain, poète et journaliste, avait écrit pour le sun de Baltimore un récit, en forme de reportage sur le vif, d'un vol transatlantique en ballon (exploit qui ne fut accompli réellement qu'en 1978).

Les individus étourdis par la fièvre des objets volants et qui laissèrent libre cours à leur imagination s'inscrivent en fait dans le droite ligne d'une véritable tradition. Personne, semble t'il, ne pratiqua cet art ancestral avec plus de brio qu'Alexander Hamilton. Ce fermier du Kansas raconta à un journaliste qu'il avait vu de ses yeux un dirigeable colossal de 90 m de long descendre sur ses terres le 23 Avril 1897. Hamilton et deux compagnons se précipitèrent vers l'engin et découvrirent à l'intérieur d'un compartiment en verre "six des êtres les plus étranges que j'a jamais vus. Ils parlaient entre eux mais nous ne pouvions comprendre un mot de ce qu'ils disaient". Puis le vaisseau reprit l'air, emportant une génisse du troupeau de Hamilton. Il plana au dessus de la ferme pendant un certain temps puis s'évanouit dans le ciel. Le jour suivant, un fermier des environs retrouva la peau, les pattes et la tête de l'animal volé. Hamilton conclut ainsi sa curieuse histoire :

"Après avoir reconnu ma marque sur la peau de la bête, je suis rentré. Mais le soir, dès que j'allais m'endormir, je voyais cette maudite chose, avec ses grandes lumières et ses affreux occupants. Je ne sais si ce sont les démons ou autres ; mais tous, nous les avons vus, et toute ma famille a vu l'engin, et je ne veux plus avoir affaire à eux"

L'histoire eut un grand retentissement. Elle était peu banale et son auteur au dessus de tout soupçons. Hamilton était un ancien sénateur qui avait pris soin de joindre à son récit une déclaration sous serment signée par douze notables locaux attestant de sa réputation et de sa bonne foi. Plus de soixante ans plus tard, des chercheurs redécouvraient l'histoire et brandissaient ce témoignage comme un exemple qui ne pouvait être facilement taxé de fantaisie. Une enquête plus approfondie du spécialiste Jérôme Clark devait néanmoins faire la lumière sur cette affaire et montrer qu'il ne s'agissait que d'un canular monté par Hamilton et les cosignataires de l'attestation, tous des menteurs notoires.

Cependant, dix ans plus tard, survint en Russie un évènement extraordinaire qui ne pouvait être écarté comme un simple canular ou une histoire à dormir debout. Le matin du 30 juin 1908, une chose énorme t terrifiante tombait du ciel et explosait dans une région appelée Tunguska, située au fin fond de la Sibérie. Un témoin rapporta que le ciel fut coupé en deux par le souffle de l'explosion. Un autre vit un objet en flammes, de forme allongée avec une traînée de poussière. Le cataclysme fit voler les vitres en éclats, secoua le sol et un vent brûlant se propagea dans cette contrée désolée, fauchant les arbres comme des allumettes et incendiant quelque 2.000 Km² de foret. Par la suite, on a pu évaluer la puissance de l'explosion : celle d'une bombe nucléaire de 20 mégatonnes.

Des arbres renversés et brûlés, en Sibérie, marquent l'emplacement de l'explosion, en 1908, d'un bolide venu de l'espace, probablement une comète.

L'incident de Tunguska est resté un mystère que beaucoup ont cherché à élucider. Les explications les plus originales font intervenir des découvertes récentes concernant l'antimatière et la collision avec un trou noir (phénomène céleste ultra dense rendu invisible). Si de l'antimatière, faites de particules dont les charges électriques sont "anormalement" inversés, devait surgir d'un univers alternatif dans le notre, elle exploserait au contact de la matière "normale". De même, les trous noirs, même les plus minuscules, causeraient de terribles ravages s'ils entraient en contact avec la Terre. L'existence de "petits" trous noirs n'a toutefois pas été prouvée. Tous ceux connus des astronomes sont si massifs qu'ils détruiraient notre planète. On ne 'étonna pas que des esprits censés aient suggéré que l'explosion de Tunguska était l'effet de la désintégration d'un OVNI dans l'atmosphère. Plusieurs scientifiques soviétiques ont affirmé avoir relevé dans le sol de la région une radioactivité anormalement élevée dans le sol de la région une radioactivité qui proviendrait du moteur à propulsion nucléaire de l'engin spatial en question. Ils calculèrent également la trajectoire de l'objet et en conclurent que le visiteur avait ralenti avant d'entrer dans l'atmosphère. Certains spécialistes d'OVNI sont convaincus, par conséquent, que les occupants de l'engin ont délibérément modifié leur trajectoire pour éviter une zone habitée.

 En revanche, d'autres scientifiques n'ont découvert aucune preuve soit de radioactivité, soit d'un changement de trajectoire. Aujourd'hui, on tend plutôt à penser qu'il s'agirait de la collision d'une comète, ou peut être d'un astéroïde, avec la Terre. L'objet, quel qu'il fut, aurait eut un diamètre de 100 mètres, pesé un million de tonnes et fendu l'air à une vitesse de 11.000 Km, s'embrasant au contact de l'atmosphère.

Un an après l'explosion de Tunguska, une deuxième grande vague d'apparitions d'OVNI survint. De 1909 à 1913, les témoignages affluèrent de partout, d'Europe, d'Amérique du Nord, d'Afrique du Sud, du Japon, de Nouvelle Zélande et d'autres régions du globe. Le coup d'envoi fut donné dans le Sud Ouest de l'Angleterre où on aperçut un grand objet oblong irradiant une grande lumière. On relève même une rencontre avec les occupants d'un mystérieux engin. Un vieux Gallois prétend avoir rencontré au cours d'une promenade en montagne une énorme machine en forme de cigare posée sur le sol avec deux hommes d'équipage à  ses cotés. En bonnets et manteaux de fourrure, les deux hommes, qui "jacassaient furieusement dans une langue inconnue", s'envolèrent dans leur bruyante machine, à l'approche du témoin. On pensa à des vols d'essai, mené en secret, de Zeppelins, ce type de grand dirigeable que les Allemands étaient en train de mettre au point à l'époque. Des apparitions semblables se produisirent de nouveau en Angleterre, au début de 1913, et furent aussi attribuées aux Allemands (qui dix huit mois plus tard seulement entraient en guerre avec l'Angleterre). Cependant, aucun document n'est venu confirmer l'hypothèse du Zeppelin.

Pendant ce temps, de l'autre coté de l'Atlantique, les Américains méditaient sur leurs propres expériences en matière d'OVNI. En décembre 1909, un policier du Massachusetts fut surpris au cours d'une ronde nocturne, peu avant l'aube, par une lumière vive évoluant au dessus de sa tête. Les Jours suivants, une lumière identique fut repérée dans deux autres villes et, le 23 décembre, elle fit son apparition au dessus de Boston. Certains observateurs plus attentifs affirmèrent qu'une forme sombre, semblable à un dirigeable, accompagnait la lumière. A la grande joie des enfants qui croyaient logiquement à une visite du père Noël, l'OVNI était de retour à Boston le 24 décembre et réapparut le jour suivant à plus de 150 Km au Sud Ouest, dans le ciel du Connecticut.

Les soupçons se portèrent sur Wallace E. Tillinghast, fabricant d'appareils de chauffage dans le Massachusetts. Au début de Décembre, Tillinghast avait déclaré à la presse qu'il avait construit un nouveau type d'avion et procédé à au moins une vingtaine de vols expérimentaux, toujours de nuit. La Peur qu'on lui vole son idée, disait-il, l'empêchait de dévoiler sa merveilleuse machine au public. Si ces prétentions étaient exactes, une telle invention aurait pu être à l'origine des  apparitions en Nouvelle - Angleterre. Cependant, l'impénétrable personnage laissa planer le doute quant à sa responsabilité dans ces étranges événements. Des recherches postérieures ont révélé qu'il aurait pu avoir construit une machine volante, mais elle n'avait certainement jamais quitté le sol. L'épisode s'ajouta à la longue liste des mystères entourant l'histoire des OVNI.