LES POÈMES TOULOUSAINS :

Les poèmes et chansons sur Toulouse sont innombrables. En voici quelques-uns...

Eté

Petites rues, murs de briques roses
Derrière les persiennes closes
La chaleur de l'été ne pénétre pas.
Le soleil doucement guide mes pas
Vers l'ombre des quais de la Garonne.
Main dans l'eau, sur les bords où je vais me reposer,
La pierre des berges me servant de trône,
Je rêve doucement en contemplant l'eau couler
A ce paysage patiemment façonné
Par tous ceux qui nous ont précédés.


Daniel Maleville

Pescar

Sul còp de miègjorn l'uèlh sus boucho,
Le vin de fresc, le cuol sus l'èrba,
Quina picada ! Quina tirada !
Es un barbèl le macarèl
As pas qu'un uèlh.
Iram totis a Pinsaguèl
Pescar la sòfia e le gardel.
Pescar

Sul cop de michoun l'oeil sur boucho
Le bi de fresc, le tchoul sur l'herbo
Quello picado ! quelle tirado !
Es un barbel le macarel
As pas qu'un uèlh
Iran toutis a Pinsaguel
Pesca la siofa e lé gardey.
D'un endroit à l'autre la langue varie, on peut le voir dans l'exemple ci-dessus où le même poème s'écrit différemment. La traduction en est :
Pescar

A midi, l'oeil sur le bouchon,
Le vin au frais, le cul sur l'herbe,
Quelle piquée ! Quelle bataille !
C'est un barbeau le « macarèl »,
Il n'a pas qu'un oeil.
Nous irons tous à Pinsaguel
Pêcher la « sofie » et le gardon.
Ce qui peut se traduire par : La pêche c'est la tranquillité, ce n'est pas devoir lutter contre de gros poissons.


Toulouse

Toulouse, Toulouse,
Rose fleur d'été
Tu rendrais jalouse
Toutes les cités.
La folle Garonne
Coule en paix ce soir
Mire ta couronne
Dans son clair miroir.
Voila la première strophe d'un chant
que tous les toulousains connaissent,
même s'ils n'en font pas la traduction correcte.




Se canta, que recante
Canta pas per ieu
Canta per ma mia
Qu'es al près de ieu.



 



LA GARONNE

Si la Garonne avait voulu,
Lanturlu !
Quand elle sortit de sa source,
Diriger autrement sa course,
Et vers le Midi s'épancher,
Qui donc eût pu l'en empêcher ?
Tranchant vallon, plaine et montagne,
Si la Garonne avait voulu,
Lanturlu !
Elle allait arroser l'Espagne.

 
Si la Garonne avait voulu,
Lanturlu !
Elle aurait pu dans sa furie,
Pénétrer jusqu'en Sibérie,
Passer l'Oural et le Volga,
Traverser tout le Kamtchatka,
Et, d'Atlas déchargeant l'épaule,
Si la Garonne avait voulu,
Lanturlu !
Elle aurait dégelé le pôle.
Si la Garonne avait voulu,
Lanturlu !
Pousser au Nord sa marche errante,
Elle aurait coupé la Charente,
Coupé la Loire aux bords fleuris,
Coupé la Seine dans Paris,
Et moitié verte, moitié blanche,
Si la Garonne avait voulu,
Lanturlu !
Elle se jetait dans la Manche.
Si la Garonne avait voulu,
Lanturlu !
Humilier les autres fleuves.
Seulement, pour faire ses preuves,
Elle arrondit son petit lot :
Ayant pris le Tarn et le Lot,
Elle confisqua la Dordogne.
La Garonne n'a pas voulu,
Lanterlu !
Quitter le pays de Gascogne.


Si la Garonne avait voulu,
Lanturlu !
Elle aurait pu boire la Saône,
Boire le Rhin après le Rhône,
De là, se dirigeant vers l'Est,
Absorber le Danube à Pesth,
Et puis, ivre à force de boire,
Si la Garonne avait voulu,
Lanturlu !
Elle aurait grossi la mer Noire.
Gustave Naudaud

Nous remercions le http://www.toulouse-renaissance.net pour le prêt de ce texte

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Bibliographie :
- Le dictionnaire de la Catinou par Charles Mouly - Editions Loubatières.
- Les mots de Toulouse par B. Moreux et R. Razou - Presses Universitaires du Mirail.