EDUCATION

«L'imaginaire et le rêve restent les grands agitateurs de la réalité. Une école sans désir est une école morte... »

Jacques pain

« Deux et deux quatre. Quatre et quatre huit ...
Répétez ! dit le maître.
Deux et eux quatre ...
Mais voilà l'oiseau-lyre
Qui passe dans le ciel
L'enfant le voit
L'enfant l'appelle : Sauve - moi... »

Jacques Prévert

Ce chapitre pourrait être le plus long et il sera le plus court.

La raison en est simple. Je ne propose pas de remplacer le système débile de l'éducation nationale par un autre système. L'évolution va maintenant beaucoup trop vite pour pouvoir se satisfaire d'un quelconque système.

Je prône donc l'encadrement par des êtres qui ont la prétention de se connecter avec leur soi supérieur, qui ont une grande connaissance d'eux-mêmes, donc de la nature humaine, et une patience tendresse infinie.

Ce qui me semble essentiel dans l'éducation des enfants d'aujourd'hui, c'est ...

1/ Inclure la dimension invisible, immortelle de l'existence dans l'éducation. L'aspect cyclique et immortel de la vie me semble être une base essentielle pour dédramatiser bon nombre de situations.

2/ Créer l'espace et la confiance nécessaires afin que nos enfants puissent apporter à l'humanité les précieux cadeaux dont ils sont porteurs. Le plus beau cadeau que tout créateur peut faire à "sa" création (ou pour être plus précis à la création qui passe par lui), c'est de lui faire confiance au maximum et faire tout ce qui est en son "pouvoir" pour qu'il devienne autonome le plus rapidement possible.

3/ Accepter que ce que l'Enfant EST et CREE peut dépasser complètement notre compréhension de l'existence, donc que nous ne sommes pas aptes à jauger ses choix. On ne le répétera jamais assez, les enfants apportent des "nouvelles pièces du puzzle de la création" qui ne seront pas forcément compréhensibles par ceux qui les encadrent.

4/ Comme l'Univers est en perpétuelle évolution, il est essentiel de ne pas s'attacher à un "système systématique" d'éducation. Les "enseignants" doivent s'adapter au cas par cas en se fiant à leur intuition et à leur connexion avec leur moi divin. Tout système, aussi évolué soit-il, ne pourra jamais offrir un espace d'éducation optimum à des êtres qui par définition sont tous différents.

5/ Offrir aux enfants une base solide de références en ce qui concerne le respect des autres. Ce point est paradoxal et délicat. Je résumerais les 144 volumes que ce sujet mérite en disant : tendre au mieux vers un équilibre entre : les laisser les plus libres possible, et ne pas vous laissez marcher sur les pieds.

Voici deux passages extraits de deux livres merveilleux qui bousculent les idées reçues.

« Tandis que d'autres publiaient ou travaillaient, j'ai passé trois années de voyage à oublier au contraire tout ce que j'avais appris par la tête. Cette désinstruction fut lente et difficile ; elle me fut plus utile que toutes les instructions imposées par les hommes, et vraiment le commencement d'une éducation... »

André Gide

« Ce que l'enfant introduit dans le monde physique est un message des mondes spirituels ; le comprendre et le plus haute connaissance que nous devrions rechercher (...) Dans l'art de l'éducation telle que nous le concevons, l'essentiel est de stimuler les dons que nous trouvons déjà chez l'enfant (...) Ce grand principe exige que l'enfant ait développé à l'âge approprié ce qui convient à cet âge, mais ceci ne peut être obtenu d'une façon satisfaisante que si on n'exige pas dès le début des occupations qui soient contraires à sa nature. Or, il est absolument anormal de demander à un enfant de six ans de se mettre, sans préparation, à copier les signes conventionnels dont nous nous servons pour lire et pour écrire au stade de la civilisation. Si vous examinez les caractères que nous employons actuellement pour lire et écrire, vous vous rendrez compte qu'il n'existe aucun rapport entre ces caractères et ce qu'un enfant de sept ans est naturellement disposé à faire (...) Si nous mettons ces lettres abstraites sous les yeux de l'enfant, nous lui apportons un élément auquel il est tout à fait étranger s'y introduit ainsi de vive force. C'est exactement comme si nous imposions au bébé des vêtements trop serrés qui ne lui vont pas et qui le déforment. L'observation moderne est si superficielle qu'elle ne perçoit même pas le mal qu'on peut faire à l'organisme du simple fait qu'on s'y prend de travers pour apprendre à un enfant la lecture et l'écriture. L'art de l'éducation fondé sur une connaissance de l'être humain s'y prendra autrement : il fera sortir de l'enfant ce qui est en lui. A quoi bon dire : il faut développer l'individualité ; mieux est de le faire réellement. On y parvient déjà si l'on ne prend pas la lecture comme point de départ de l'instruction. Car chez l'enfant, ce qui apparaît en premier, c'est le mouvement, le geste, l'expression de sa volonté, et non pas la perception ou l'observation. Cela vient plus tard... »

Rudolf, Steiner. Les bases spirituelles de l'Education.
Centre Triades.